‹ Chefs-d'œuvre des conteurs françaisChapitre 43 sur 100 · LA VIE DE SAINCT HARENG · texte numérisé non relu

LA VIE DE SAINCT HARENG

C'est gr.iiit pitié que saiiict ILienc Est mai tiré ainsi souvent ; Sur le gris ou sur le charbon; Mais il viendra une saison Que sainct Harenc léra miracle, Qu'on doit niieul.v prisier que triade.

Dictes Amen dévotement.

Gy fine le sermon sainct Haicnc.

La Vie de saint IJarenc, comme le roman de Renart montre à quel point les traditions catholiques étaient déjh affaiblies avant la Reforme. On sent, en lisant cette parodie triviale des poétiques légendes du moyen âge, que le mysticisme a replié ses ailes, et que le temps approciie où les miracles elle clergé seront voues aux sarcasmes les plus irrévérencieux. Ce conte estcomme la préface rimée de Rabelais, de Henri Estienne, de Béroald de Verville, et de tous les moqueurs impitoyables que nous allons rencontrer.

Parmi les poissons célébrés par les poètes du quinzième siècle, il faut encore compter le maquereau. Le roi René lui a consacré quelques vers dans le roman de la Très-douce Mercy. L'un des personnages allégoriques de ce roman, Amitié, invite Cuer d'amour i dîner ; elle lui sert du maquereau et lui dit •

Or, saichez, noble cut-r cl veuillez cscouler Que ce poisson ici, du quel vous vois gouster, Eïl appelé en France maquereau Traiineui, Le quel e^t savoureux et (rè:>-bon pour l'amant. Pour ce mangez-en fort, etc.

Ce passage, en constatant les vertus aphrodisiaques du maquereau, explique peut-être la significi^tion grossière que le nom de co poisson a prise dans le langage moderne.

DINDEN.VL'LT ET LES MOUTONS DE l'AMRGE

Bien que Rabelais soit'l'un de nos vieux écrivains les plus lus et les plus connus, nous ne pouvions publier un recueil des conteurfrançais sans lui donner place au milieu de ceux qui l'ont précédé, et qu'il a souvent imités en les surpassant toujours, et de ceux qui Tout suivi et qui Tout imité sans pouvoir jamais l'égaler. ?îous avons choisi de préférence Vépisode de Dindenault et des moutonde Panurge, parce que cet épisode forme un tout complet, et que sans aucun doute, nos lecteurs aimeront à retrouver ici dans le texte même un conte qui revient chaque jour, par voie d"allu^>ions et de citations proverbiales, dans les conversations courantes.

COMMENT PANTAGRUEL REKCOMRA DKE KALF DE VOYAGIEI.S RETÛDRKANS DU PAYS LANTEP.XOIS.

Au Cinquième jour, ja commençans tournoyer le pôle peu à peu, nous éloignans de l'équinoctial, descouvrimes une na^ vire marchande faisant voile à horcho vers nous. La joye ne fut petite, tant de nous comme des marchands : de nous, entendans nouvelles de la marine ; de eux, entendans nouvelles

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