‹ Chefs-d'œuvre des conteurs françaisChapitre 6 sur 100 · LA MORT DE ROLAND · texte numérisé non relu

LA MORT DE ROLAND

(xi» sièclk)

En 778, Charlomagne franchit les l^ré^ées pour nller combitlre les Sarrasins; au retour de celte expétiition, son uruiée fui attaquée par les (iajcons dans la vallée de Roncevaux, et subit un échec où furent tués un certain nombre de soldats et de chefs, entre autres Roland, préfet des marches de Bretagne. C'est là l'uiuipie mention que rhisloire fasse de ce personnage; Éginliard en dit seulement quelques mots, mais les romanciers s'en emparèrent par des motifs qui nous échappent aujourd'hui; ils en firent une sorte de géant, neveu de Charlemagiie, et lui allribuèrent une foule d'e.xploits plus extraordinaires les uns que les autres. Les poêles de lllalie, de l'Allemagne et de l'Espagne le célébrèrent à Tenvi. Après avoir inspiré les trouvères français, il a fourni à Boïardo le sujet de Roland amoureux, à l'Arioste le sujet de son merveilleux poëme Roland furieux. Il a été chanté dans le Romancero et, comme nous l'avons dit dans rintroduction, il a inspiré notre plus ancien poëme hé-

rnïfjijo, et c'est à ce poëmc, connu sous le nom de Chamon • lioland <\\u'. noui ("r suivants.

<;<' p.ilîidin .1 vu ^1 46S plus Taillants compa-

gnons; l'archevôqu»; Turpin, l'un des douze pairs, rsl tué; il c«t liii-rnênic morlcllemmt lilessi*, cl pour ap|)eler Charlema^no h son <'COiirs, il se mit à sonner son olifant, c'' ' ' ' qu'ij

porlail toujours avec lui dm» les batailles. ', id le

son du cor, mais Gnnclon, l'ennemi de Roland, Gam*lon, qui réitéra liiiris tous les roin.ms ciievaNTesquos le type de la perfidie et de la traliison, veut eiiipèclier l'enipereur de fjortcr secours à «on UKveu. Le duc Naisme, au contraire, l'engage à raardier au plus rite. Nous laissons maintenant parler le trouvère Tbérould, auteur de la Chanson.

LE DÉDAT DE CANRLOR ET DU DOC HAISMB

Roland approclie l'olifaiit de ses lèvres*, reml)ou«:lie bien ot sonne d'un puissant etïort. A travers les hautes montagnes, l'écho prolonge la voix du cor, si bien qu'on l'entend répondre à plus de trente lieues! Charles l'entendit avec toute sa compagnie; et dit le roi : c Nos gens livrent bataille! » Mais Ganelon Ini répondit : u Tel propos dans une autre bouche, on l'appellerait fausseté ! i

• Le mot de chanson, appliqué à nos anciens poèmes a une acception loule «lilléiente de celle que nous lui donnons a ijouid'hui ; il sijfnifie récit en vers.

- Nous reproduisons ici la traduction de M. Génin qui a publid liue bonne édition de la Clianson de Roland; rimportance liitcraire et philologique de celle chanson nous engage à reproduire le leile de« fngments ci-dessus :

RoUans ad rais l'olifant a sa huche.

Empeiiit le ben, par granl vertut le sunet.

Hall >unl li pui, e la voiz est mult lunge !

Granz liwes roîrenl il respundre!

Karles l'oîl e >es cumpaignes tules :

Ço dit li reis : « Bataille funt nostre hume!

E Gueneloa li respundil eocunlre;

« S'allie r desiàl, ja semblast granl mensuoge 1 ■

Page 1