‹ Chefs-d'œuvre des conteurs françaisChapitre 84 sur 100 · VENGEANCE DUN MARI · texte numérisé non relu

VENGEANCE DUN MARI

Mais à la fin, il n'y sut autre remède, sinon que de s'en fcllcT jusqu'à une autre fois. Je ne sais si c'étoit point l'é- \ A\\ie Milo *, lequel avoit des procès un million, et disoil que c'éloit son exercice ; et prenoit plaisir à les voir multiplier, tout ainsi que les marchands sont aises de voir croître leurs denrées; et dit-on qu'un jour le roi les lui voulut appointer, maisrévê(jue ne prenoit pointcelaen gré, et n'y voulut point entendre; disant au roi que, s'il lui ôtoit ses procès, il liiiôLoit la vie. Toutefois à lorce de remontrances et de belles paroles, il y falloit aller, de sorte qu'il consentit à ces appointements, et qu'en moins de rien lui en furent que vuidés, que accordés, que amortis deux ou trois cents. Quand l'évèque vit que ses procès s'en alloient ainsi à néant, il s'en vint au roi, le suppliant à jointes mains qu'il ne lui ôlat pas tout, et qu'il lui plût au moins lui en liisser une douzaine des plus beaux et des meilleurs, pour s'ébattre

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