‹ Chefs-d'œuvre des conteurs françaisChapitre 88 sur 100 · LE DIABLE ET NICOLE OBRT · texte numérisé non relu

LE DIABLE ET NICOLE OBRT

Le seizième siècle présente un singulier phénomène ; jamais le scepticisme n*a été poussé si loin, et jamais la croyance au raerreilleux n'a fait plus d'adeplcs. Aux miracles des saints, qui dominent dans les légendes du moyen âge, succèdent les miracles du diable, et Véternel ennemi remonte de l'enfer pour disputer le monde aux anges, à la Vierge et à Dieu ; on croit le voir partout. Luther Tentend qui remue des sacs de noisettes, à côté de la table sur laquelle il écrit ses anathèraes contre le pape et l'Eglise. Bodin, Tilluslre publiciste, se fait son historiographe dans la Démonomanie. Les truands et les filles perdues lui vendent leur âme, et les exorcistes engagent avec lui des duels à outrance. 11 est le héros d'une sorte d'épopée mystérieuse et sombre, qui forme tout un cycle, comme les épopées chevaleresques, et nous avons pensé que nos lecteurs trouveraient ici, non sans quelque intérêt, deux spécimens de celte littérature fantastique qui fait honte à la raison humaine, et qui nous ferait rire de pitié, si la lueur des bûchers ne Téclairait pas d'un reflet sinistre.

Le premier de nos spécimens est emprunté à l'un des livres les plus absurdes qu'aient produits les hallucinations sataniques, au livre de Belaize : la Victoire de Dieu sur le corps de Belzébulh ; mais comme le diable, dans les récits du démonographe, est toujours

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