‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatique (volume 2)Chapitre 104 sur 201 · ACTE I, SCÉIVE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÉIVE II

La S(3mc d'assassins achcU^s par sa haine. Deux s'y sont découvcrls, que j'amôno avoc moi Afin de la convaincre et d<';tr()inper le roi. Quoiqu'il soit son époux, il est encor mon père ; Et quand il forcera la nature à se taire , 'Trois sceptres à son trône attachés par mon Itras Parleront au lieu d'elle, et ne se tairont pas. Que si notre fortune à ma jMrte animée La prépare ;Y la cour aussi bien (pi'A l'armée , Dans ce péril égal c^ui me suit en tous lieux, M'envierez-vous l'honneur de mourir à vos yeux v

LAODICE

Non, je ne vous dis plus désormais que je treml)lc . Mais que , s'il faut périr, nous périrons ensemble.

Armons-nous de courage, et nous ferons trembler Ceux dont les liYchetés pensent nous accabler. Le peuple ici vous aime , et hait ces cœurs infâmes ; Et c'est être bien fort que régner sur tant d'âmes. Mais votre frère Attale adresse ici ses pas.

NICOMKDE.

11 ne ma jamais vu ; ne me découvrez pas.

SCÈNIi II.

LAODICK, NICOMÈDK, ATTALE.

ATTALK.

Quoi ! madanuï, toujours un front inexorable! Ne pourrai-je surprendre un regard favorable, Un regard désarmé de toutes ces rigueurs ' , Et tel qu'il est enfin quand il gagne les cœurs?

LAODICK.

Si ce front est mal propre à m'arqu<'*rir le voire . Quand j'en aurai desstîiii, j'en saurai prendre un .uilre.

\ vit. l^n riflard (lf.s;irnn^ df taiil diprcs rjjfuturs (:()ii.\r.ii.Li:. — r. ii. ' i .

194 NICOMÉDE

ATTALE

Vous no l'aequerrez point , puisqu'il est tout à ^ous.

LAODICE

Je n'ai donc pas besoin d'un visage plus doux.

ATTALE

Conservez-le, de grâce, après l'avoir su prendre.

LAODICE

C'est un bien mal acquis que j'aime mieux vous rendre

ATTALE -

Vous l'estimez trop peu pour le vouloir garder.

LAODICE

Je vous estime trop pour vouloir rien farder. Votre rang et le mien ne sauraient le permettre ' ; Pour garder votre cœur je n'ai pas où le mettre; La place est occupée; et je vous l'ai tant dit, Prince, que ce discours vous dut ôtre interdit : On le souffre d'abord , mais la suite importune.

ATTALE

Que celui qui l'occupe a de bonne fortune!

Et que serait heureux qui pourrait aujourd'hui

Disputer celte place, et l'emporter sur lui !

NICOMÉDE.

La place à l'emporter coûterait bien des tètes, Seigneur : ce conquérant garde bien ses conquêtes, Et l'on ignore encor parmi ses ennemis * L'art de reprendre un fort qu'une fois il a pris,

ATTALE

Celui-ci toutefois peut s'attaquer de sorte

Que, tout vaillant qu'il est, il faudra qu'il en sorte.

LAODICE

Vous pourriez vous méprendre.

' Vab. Votre rang et le mien ne le sauraient permettre, VA.H. Et l'on ne sait que c'est parmi ses ennemis De regagner un fort qu'une lois il a pris.

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