VIRIATE, THAMIRE
VIRIATE
Thfimire , il faut parler, roccasion nous presse :
Rome jusqu'en ces murs m'enroie une maîtresse:
Et l'exil d'Aristie, enveloppé d'ennuis.
Est prêt à l'emporter sur tout ce que je suis.
En vain de mes regards l'ingénieux langage
Pour découvrir mon cœur a tout mis en usage ;
En vain par le mépris des vœux de tous nos rois
.fai cru faire éclater l'orgueil d'un autre choix :
Le seul pour qui je tâche à le rendre visihle ,
Ou n'ose en rien connaître , ou demeure insensible»
Et laisse à ma pudeur des sentiments confus ,
Que l'amour-propre obstine à douter du refus.
Épargne-m'en la honte , et prends soin de lui dire,
A ce héros si cher... Tu le connais, Thamire;
Car d'où pourrait mon trône attendre un ferme appui ?
Et pour qui mépriser tous nos rois , que pour lui ?
Sertorius , lui seul digne de Viriate ,
.Mérite que pour lui tout mon amour éclate.
Fais-lui , fais-lui savoir le glorieux dessein
De m'affermir au trône en lui donnant la main :
Dis-lui... Mais j'aurais tort d'instruire ton adresse,
j\Ioi qui connais ton zèle à servir ta princesse.
THAMIRE
Madame , en ce héros tout est illustre et gl'and ;
Mais, à parler sans fard , votre amour me pm'prend-