EXAMEN DE RODOGUNE
Je (lirai jikis : quand cotte proposition serait tout a lail condamnable en sa l)ouche;, elle mériterait quelque grâce . cl pour I éclat que la nouveauté de l'invention a fait au tbéâtie, et pour l'embarras surprenant oîi elle jette les princes, et pour l'eftet qu'elle produit dans le reste de la pièce, qu'elle conduit à l'action historique. Elle est cause que Séleucus, par dépit, renonce au trône et à la possession de cette princesse; ([ue la reine, le voulant animer contre son frère , n'en peut rien obtenir ; et qu'enfin elle se résout par désespoir de les jRn'dre tous deux, plutôt que de se voir sujette de son ennemie.
Elle commence par Séleucus. tant pour suivre l'ordre de riiistoire que parce que, s'il fût demeuré en vie après Antiochus et Rodogune , qu'elle voulait empoisonner publiquement, il les aurait pu venger. Elle ne craint pas la même chose d'Antiochus pour son frère, d'autant qu'elle espère que le poison violent qu'elle lui a préparé fera un effet assez prompt pour le faire mourir avant qu'il ait pu rien savoir de cette autre mort, ou du moins avant qu'il l'en puisse convaincre, puisqu'elle a si bien pris sou temps pour l'assassiner, que ce parricide n'a pas eu de témoins. J'ai parlé ailleurs de l'adoucissement que j'ai apporté pour empêcher qu'Aufiochus n'en commît un en la forçant de prendre le poisoti qu'elle lui présente, et du peu d'apparence qu'il y avait qu'un moment après qu'elle a expiré presque à sa vue , il parlât d'amour et de mariage à Rodogune. Dans l'état où ils rentrent derrière le théâtre, ils peuvent le résoudre quand ils le jugeront à propos. L'action est complète, puisqu'ils sont hors de péril ; et la mort de Séleucus m'a exempté de développer le secret du droit d'aînesse entre les deux frères, qui d'ailleurs n'eût jamais été croyable , ne pouvant être éclairci f|ue par une bouche en qui l'on n'a pas vu assez de sincérité pour prendre aucune assurance sur sou témoignage.
MN VK uodogim:.
HERACLIUS
TRAGÉDIE