ACTE II, SCÈNE V
Uni vous en pût un jour rendre un plein témoig'n.it^e ' Félix est mort, madame, et naguère en mourant Il remit ce dépôt à son plus cher parent; Et m'ayant tout conté, « Tiens , dit-il, Exupère,
« Sefs ton prince, et venge' ton père. » Armé d'un tel secret, seigneur, j'ai voulu voir Combien parmi le peuple il aurait de pouvoir. J^ai fait semer ce bruit sans vous faire connaître; Et, voyant tous les cœurs vous souhaiter pour maître , J'ai ligué du tyran les secrets ennemis, Mais sans leur découvrir plus qu'il ne m'est permis. Ils aiment votre nom , sans savoir davantage , Et cette seule joie anime leur courage. Sans qu'autres que les deux qui vous parlaient là-bas De tout ce qu'elle a fait sachent plus que Phocas. Vous venez de savoir ce que vous vouliez d'elle; C'est à vous de répondre à son généreux zèle. Le peuple est mutiné, vos amis assemblés, Le tyran effrayé, ses confidents troublés. Donnez l'aveu du prince à sa mort qu'on apprête , Et ne dédaignez pas d'ordonner de sa tête.
MARTI AN
Surpris des nouveautés d'un tel événement, Je demeure à vos yeux muet d'étonnement.
Je sais ce que je dois , madame , au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de Maurice. Je croyais, comme tils, devoir tout à vos soins, Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins : Mais pour vous expliquer toute ma gratitude. Mon ame a trop de trouble et trop d'inquiétude. J'aimais, vous le savez , et mon cœur enflammé Trouve enlinune sœur dedans l'objet aimé.
' Vau. Qui voas on pfit un jour rendre >in haut témoisnaRe.
I2r, HÉRACLIUS.
Je perds une maltresse en gagnant un empire ,
Mcin amour en murmure , et mon cœur en soupire,
Et (le mille pensers mon esprit agité
Paraît enseveli dans la stupidité.
Il est temps d'en sortir, l'honneur nous le comnmnde.
Il £iut donner un chef à votre illustre bande :
Allez, brave Exupère, allez , je vous rejoins;
Souffrez que je lui parle un moment sans témoins.
Disposez cependant vos amis à bien faire :
Surtout sauvons le fils en immolant le père;
11 n'eut rien du tyran qu'un peu de mauvais sang,
Dont la dernière guerre a trop purgé son flanc,
EXUPÈRE
Nous vous rendrons, seigneur, entière obéissance. Et vous allons attendre avec impatience.