ACTE IIT, SCENE V
Si donc le ciel s'obstine à nous persécuter,
Seule j'ai tout à craindre et rien à souhaiter;
Mais pour vous^ le devoir vous donne, dans vos plaintes.
Où porter vos souhaits, et terminer vos craintes.
CAMILLE
Je le vois bien, ma sœur, vous n'aimâtes jamais : Vous ne connaissez point ni l'amour ni ses traits : On peut lui résister quand il commence à naître , Mais non pas le bannir quand il s'est rendu maître. Et que l'aveu d'un père , engageant notre foi , A fait de ce tyran un légitime roi :
Il entre avec douceur, mais il règne par force ; Et, quand l'âme une fois a goûté son amorce. Vouloir ne plus aimer, c'est ce qu'elle ne peut. Puisqu'elle ne peut plus vouloir que ce qu'il veut : Ses chaînes sont pour nous aussi fortes que belles.