‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 17 sur 355 · SCÈNE iir · texte numérisé non relu

SCÈNE iir

LE COiMTE, D. DIÈGUE.

le comte.

Enfin vous l'emportez, et In faveur du roi Vous élève vu un rang (pii n'«''tait du (ju'à moi; Jl \()us fait g()MV('rn<Mir du prince de Castille.

' ^ \n Pour .srtiiffiir la vcrlii si l()ii^;lcrii|»s au .suplic e.

' \uj()iir«lhui . (luand les «oiiii-dicns r<'|irrs('iilfut rollr |»i«'<r. ils conuncnctMtt liir crllc sn ne. Crsl .l.-H. Housscau <|ui >>n|i|>ritu.i les deux prciuicn's • >•• ■ aiiitsi »|ui; le rôle '!'• liiifan»»-

ACTK l, SCÉ?sK m. 37

D. DIÈGLE.

Cette marque d'honneur qu'il met dans ma famille Montre à tous qu'il est juste, et fait connaître assez Qu'il sait récompenser les services passés.

LE COMTE. [mes :

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous som- Ils peuvent se tromper comme les autres hommes ; Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans Qu'ils savent mal payer les services présents.

D. DIÈGUE

Ne parlons plus d'un choix dont votre esprit s'irrite : La faveur l'a pu faire autant que le mérite. Mais on doit ce respect au pouvoir absolu , De n'examiner rien quand un roi l'a voulu \ A l'honneur qu'il m'a fait, ajoutez-en un autre; Joignons d'un sacré nœud ma maison à la vôtre. Vous n'avez qu'une fille, et moi je n'ai qu'un fils ^; Leur hymen nous peut rendre à jamais plus qu'amis : Faites-nous cette grâce, et l'acceptez pour gendre.

LE COMTE

A des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre ; Et le nouvel éclat de votre dignité Lui doit enfler le cœur d'une autre vanité ^. Exercez-la, monsieur, et gouvernez le prince ; Montrez-lui comme il faut régir une province, Faire trembler partout les peuples sous sa loi , Remplir les bons d'amour, et les méchants d'effroi;

VvR. Vous choisissant, peut-être on eiit pu me choisir, Mais le roi m'a trouvé plus propre à son désir.

Var. Rodrigue aime Chimène , et ce digne sujet De ses affections est le plus cher objet : Consentez-y, monsieur, et l'acceptez pour gendre.

LE COMTE

A de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre. Var. Lui (Ujit bien mettre au cœur luic autre vanité.

Joignez à ces vertus celles d'un capitaine : Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine, Dans le métier de Mars se rendre sans égal . Passer les jours entiers et les nuits à cheval , Reposer tout armé , forcer une muraille , Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille : Instruisez-le d'exemple, et rendez-le parfait S Expliquant à ses yeux les leçons par l'effet.

D. DIÈGUE

Pour s'instruire d'exemple , en dépit de l'envie ^ . Il lira seulement l'histoire de ma vie. Là, dans un long tissu de belles actions , Il verra comme il faut dompter des nations. Attaquer une place, ordonner une armée.

Et sur de grands exploits bâtir sa renommée.

LE COMTE

Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir * ; Un prince dans un li\Te apprend mal son devoir. Et qu'a fait, après tout, ce grand nombre d'années , Que ne puisse égaler une de mes journées? Si vous fûtes vaillant, je le suis aujourd'hui ; Et ce bras du royaume est le plus ferme appui. Grenade et l' Aragon tremblent quand ce fer brille; Mon nom sert de rempart à toute la Castille ; Sans moi , vous passeriez bientôt sous d'autres lois , Et vous auriez bientôt vos ennemis pour rois \

Vak. Instruiscz-lo d> xemplc , et vous ressouvenez Ouil faut faire à ses yeux ce que vous enseifiuc/

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