ACTE 1, SCEJNE III
Chaque jour, chaque instant, pour rehausser ma gloire, Met lauriers sur lauriers, victoire sur victoire : Le prince à mes côtés ferait dans les combats L'essai de son courage à l'ombre de mon bras ; Il apprendrait à vaincre en me regardant faire; Et, pour répondre en hâte à son grand caractère, Il verrait...
D. DIÈGUE
Je le sais, vous servez bien le roi.
Je vous ai mi combattre et commander sous moi . Quand Tâge dans mes nerfs a fait couler sa glace Votre rare valeur a bien rempli ma place : Enfin, pour épargner les discours superflus, Vous êtes aujourd'hui ce qu'autrefois je fus. Vous voyez toutefois qu'en cette concurrence Un monarque entre nous met quelque différence *.
LE COMTE
Ce que je méritais, vous l'avez emporté.
D. DIÈGUE
Qui l'a gagné sur vous l'avait mieux mérité.
LE COMTE
Qui peut mieux l'exercer en est bien le plus digne.
D. DIÈGUE
En être refusé n'en est pas un bon signe.
LE COMTE
Vous l'avez eu par brigue , étant vieux courtisan.
Chaque jour, chaque instant , entassant, pour ma gloire, Laurier dessus laurier, victoire sur victoire , Le prince, pour essai de générosité , Gagnerait des combats , marchant à mon côté. Loin des froides leçons qu'à mon bras on préfère, 11 apprendrait à vaincre en me regardant faire.
D. DIÈGLE.
Vous me parlez en vain de ce que je connoi *. Vai\ Un monarque entre nous met de la différence.
•■ On pioiionrait ilors connoi comme on l'écrivait, et on le faisait rimci avec moi, toi. (V.)
D. DIÈGUE
L'éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan.
LE COMTE
Parlons-en mieux, le roi fait honneur à votre âge.
D. DIÈGUE
Le roi, quand il en fait, le mesure au courage.
LE COMTE
Et par là cet honneur n'était dû qu'à mon bras ^
n. DIÈGUE
Qui n'a pu Fobtenir ne le méritait pas
LE COMTE
Ne le méritait pas! Moi?
D. DIÈGUE
Vous.
LE COMTE
Ton impudence , Téméraire vieilh\rcl , aura sa récompense.
( Il lui donne un soufilct. ) D. DIEGUE mettant l'épée à la main ',
Achève, et prends ma vie après un tel affront, Le premier dont ma race ait vu rougir son front.
LE COMTE
Et que penses-tu foire avec tant de faiblesse?
I). DIÈGUE
0 Dieu! ma force usée en ce besoin me laisse ^ î
' Imit. Yo Io morozco
Tambien coino tii, y mejor.
\ \H. ( Ils moltent Vvpée à la main )
^ Vah. () Dieu ! ma fore»; usée à ce besoin me laisse !
La scène continuait ainsi :
I). um.vr..
Épargues-tu n»on sang?
Il, r.OMTK.
Mon Ame «'st satisfaite , El mes yeux à ma main reproebent ta »b'f.iite.
h. Di^.r.i 1 .
Tu «liMlaignes nn vie