SCÈNE IV
D. DIÈGUE
0 rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie î
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie.
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire.
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire.
Tant de fois affermi le trône de son roi.
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi?
0 cruel souvenir de ma gloire passée !
OEuvre de tant de jours en un jour effacée 1
Nouvelle dignité , fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher le comte.
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte?
Comte , sois de mon prince à présent gouverneur * ;
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur;
LE COMTE
En arrêter le cours Ne ferait que hâter la Parque de trois jours.
' Imit. Llamadle, llamad al conde,
Que venga â exercer el cargo De ayo de viiestro hijo , Que podrâ mas bien honrarlo, Pues rpic yo sin honia qiiedo "
Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne,. Malgré le choix du roi, m'en a su rendre indigne. Et toi, de mes exploits glorieux instrument. Mais d'un corps tout de glace inutile ornement , Fer jadis tant à craindre, et qui, dans cette offense, M'as servi de parade , et non pas de défense , Va, quitte désormais le dernier des humains. Passe , pour me venger, en de meilleures mains * .