‹ Chefs-d'œuvre dramatiques. Avec les variantes du texte, les examens de pièces, et Les discours sur la poésie dramatiqueChapitre 5 sur 355 · ÉPITRE DEDICATOIRE · texte numérisé non relu

ÉPITRE DEDICATOIRE

vertus vous ont acquis. J'en ai ressenti des effets qui me sont trop avantageux pour m'en taire , et je ne vous dois pas moins de remercîments pour moi que pour le Cid. C'est une reconnaissance qui m'est glorieuse , puisqu'il m'est impossible de publier que je vous ai de grandes obligations, sans publier en même temps que vous m'avez assez estimé pour vouloir que je vous en eusse. Aussi, MAD.\3rE, si je souhaite quelque durée pour cet heureux effort de ma plume, ce n'est point pour apprendre mon nom à la postérité, mais seulement pour laisser des marques éternelles de ce que je vous dois , et faire lire à ceux qui naîtront dans les autres siècles la protestation que je lais d'être toute ma vie,

Madame ,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur, CORNEILLE

oncle le cardinal; et, sans elle, Corneille aurait été entièrement disgracié : il le fait assez entendre par ces paroles. Ses ennemis acharnés l'avaient peint tomme un esprit altier cpii bravait le premier ministre , et qui confondait dans un mépris général leurs ouvrages et le goût de celui qui les protégeait. La duchesse d'Aiguillon rendit dans cette affaire un aussi grand service à son oncle qu'à Corneille : elle lui sauva dans la postérité la honte de passer pour l'approbateur de Colletet et reimemi du Cid et de Cinna. (V. )

Page 1