HISTORIA DE ESPANA , I. IV, C. L
« Aviapocos dias antes hecho campo con D. Gomez, conde « de Gormaz. Venciôle , y diôle la muerte. Là que résulte de « este casé , fue quae casé con dona Ximena, hijay hère dera del « misrno conde. Ella misma requirio al rey que se le dies e por « marido ( y a estaba muy prendada de sus partes ) , 6 le cas- « tigasse conforme a las leyes , por la muerte que diô a su pac( dre. Hizôse el casamiento, que â todos estaba a cuento, con « el quai por el gran dote de su esposa, que se allego al estado « que él ténia de su padre, se aumento en poder y riquezas. »
Voilà ce qu'a prêté rhistoire àD. GuillemdeCastro, quia mis ce fameux événement sur le théâtre avant moi. Ceux qui entendent l'espagnol y remarqueront deux circonstances : l'une , que Ghimène , ne pouvant s'empêcher de reconnaître et d'aimer les belles qualités qu'elle voyait en D. Rodrigue, quoiqu'il eiit tué son père [estaba prendada de sus partes), alla proposer elle-même au roi cette généreuse alternative , ou qu'il le lui donnât pour mari , ou qu'il le fît pimir suivant les lois; l'autre, que ce mariage se fit au gré de tout le monde ( d todos estaba à cuento). Deux chroniques du C/cf ajoutent qu'il fut célébré par l'archevêque de Se ville , en présence du roi et de toute sa cour; mais je me suis contenté du texte de l'historien, parce que toutes les deux ont quelque chose qui sent le roman^ et peuvent ne persuader pas davantage que celles que nos Français ont faites de Charlemagne et de Roland . Ce que j'ai rapporté de Mariana suffit pour faire voir l'état qu'on fit de Ghimène et de son mariage dans son siècle même, où elle vécut en un tel éclat, que les rois d'Aragon et de Navarre tinrent à honneur d'être ses gendres, en épousant ses deux filles. Quelques-unes ne l'ont pas si bien traitée dans le nôtre ; et sans