‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 147 sur 228 · SCÈNE f · texte numérisé non relu

SCÈNE f

TIRRÈNE, TRASYBULE.

Non, je ne puis garder plus loug-temps le silence; Ma haine pour Ésope a trop de violence. Crésus, infatué d'un objet si hideux.

Le voyant de retour, nous néglige tous deux. Notre zèle est suspect, quelque pur qu'il puisse être: De l'esprit de ce prince il s'est rendu le maître; Pour l'obséder lui seul il l'éloigné de nous : Et prêt à l'abymer vous hésitez !

TRASYBULE.

Moi?

TIRRÈNE.

Vous.

Quel sujet vous oblige à différer sa perte? Prenons l'occasion qui nous en est offerte. Nous avons de sa fourbe un fidèle témoin ;

A détromper Crésus appliquons notre soin. Qu'attendez-vous?

TRASTEULE.

J'attends que nous lui voyions faire Ce qu'avant son voyage il faisoit d'ordinaire. Ébloui d'un trésor qu'il ne pouvoit trop voir. Il l'alloit visiter le matin et le soir. Ne le détournons point de sa première route , Et craignons qu'en ce lieu quelqu'un ne nous écoute. Des états de Crésus ayant fait tout le tour, Avec un bien immense il en est de retour; Et son trésor grossi grossira la tempête Qui demain, au plus tard, doit écraser sa tête. Soyez dans votre haine aussi ferme que moi , Et croyez...

TIRRÈNE.

Parlez bas; il vient avec le roi.

Du retour de ce traître il a l'ame charmée.

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