ACTE IV, SCÈNE IV
ORIA^E
}e vous appris cet art. Sans moi vous l'ignoriez.
ÉLISE
Vous m'en avez appris plus que vous n'en saviez.
Monsieur est sur ce point plus éclairé que d'autres; Prions-le d'écouter mes raisons et les vôtres. Nous verrons sur-le-champ r^Jtre doute éclairci.
ÉLISE
J'en conjure monsieur.
ORIANE
Je l'en conjure aussi.
ORONTE
Je me fais un bonheur du désir de vous plaire :
Mais comment eu parlant montrer qu'on sait se taire?
ORIANE
Écoutez mes raisons; et j'espère...
ÉLISE
Ma sœur, Qui parle la première a le plus de faveur. Que dirai-je après vous sur la même matière ?
ORIANE
L'une de nous, ma sœur, doit parler la première , Et par mon droit d'aînesse il me semble devoir. . .
ÉLISE
La qualité d'aînée est ici sans pouvoir. {Elles pa>le}it toutes deux le plus vite qu'il leur est possible. )
ORIANE
Quittez l'opinion où cette erreur vous jette ;
Une aînée en tous lieux parle avant sa cadette.
Je sais bien qu'en tous lieux et qu'en toute saison C'est un droit de l'aînée alors qu'elle a raison: Mais si j'ai raison, moi, qu'ai-je affaire de l'âge?