‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 133 sur 288 · ACTE II, SCÈNE VI. so · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI. so

Cir> ALISE.

J'apprends tous les jours des choses nouvelles de ma chère tante. Marthon, Céphise n'a pas manqué de parier de fiioi chez la mère de ma cousine dans ses termes ordinaires.

M ARTHO>%

Sans mentir, voila un méchant esprit.

L r CILE.

Ne lui en témoignez rien , je vous prie.

CIDALI SE.

N'ayez aucune peur. Mais que dit-elle de moi à votre mère ?

LCCILE.

Oh! ma cousine, je n'oserois vous le dire.

MARTHON.

Allez, allez, ne craignez rien; nous sommes accoutumées à son langage, car je crois qu'élit' ne m'épargne pas plus que les autres.

LUC ILE

Ah! vraiment non; elle commence toujours; par vous.

MARTHON.

Eh bien?

LU CI LE

Eh bien! elle dit que vous êtes la plus méchante fille du monde; que c'est vous qui entrainez ma cousine dans le libertinage où elle vit; que c'est

2or, LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE, vous qui l'empêcliez de se remarier, parceque tous ses amants vous font des présents; que vous avez intérêt de faire durer ce manège autant de temps que vous le pourrez, puisqu'un mariage feroil bientôt cesser ce commerce. Que sais-je, moi? je n'aurois jamais fait, si je vous disois tout ce qu'elle dit.

MAP.THO>

Par ma foi , madame, avec tout le respect que je vous dois, voilà une im^judente carogne!

CI D \I.ISE.

Ne vous contraignez point , Marthon ; je vous avoue de tout . Et de moi, ma cousine, que dit-elle ?

LU CI LE

Mais elle dit que vous ne la voulez point croire ; que vous ne faites rien qu'à votre tête; qu'elle s'est bannie de chez vous, parceque vous vous moquiez de ses corrections; que cependant elle avoit pour vous toutes sortes de complaisances; que vous la traîniez dans tous les plaisirs , qu'elle prenoit comme autant de mortifications.

MARTHOIf.

La scéle'rate !

CIDALISE

Après, ma cousine?

LUC ILE

Mais après , elle dit que vous donnerez la mort

Page 1