ACTE II, SCENE VI
à son mari; qu'il y a huit jours que vous ne revîntes qu'à huit heures du matin; et que cela, joint avec d'autres choses qu'elle ne dit point , suffiront pour avoir des moyens de vous punir.
CIDALISE
Oh! je la mets au pis. Si l'on approfondissoit son cœur et le mien, malgré cette vertu dont elle fait tant de bruit on y trouveroit de terribles différences. Mais, poursuivez, je vous prie.
LUC ILE
Mais, elle me fait sans cesse de grands sermons • qui durent deux heures , de ne jamais parlera pas un homme ; que ce sont tous des trompeurs.
M ART H ON
Eh! d'où diantre le sait-elle? Quelqu'un l'a-t-il jamais voulu tromper ?
LUCILE
Ah! vraiment, vous n'auriez qu'à lui dire cela!
CIDALISE
Ensuite, ma cousine?
LUCILE
Mais ensuite, j e m'endors; et ma mère me donne un soufflet pour me réveiller.
CIDALISE
Mais, ma chère cousine, je vous en prie, tâchez de vous ressouvenir de toutes les faussetés dont elle me noircit.
:îo8 la coquette ET LA FAUSSE PRTJDE.
L CCI LE
Oh ! dame, ma cousine, je ne suis pas venue ici pour cela. Chacun songea ses affaires,voyez-v.ous!
CIDALISE
Eh î mon enfant, quelles affaires avez-vous?
LUCILE
J'aurai bien de la peine à vous le dire.
Cl DALISE.
Je ne puis pas non plus le deviner.
LL CILE
Mais , ma cousine , vous n'en parlerez donc à personne au moins?
MARTHON.
Voulez-vous que je m'en aille?
LUCILE
Bien au contraire ; puisque vous êtes si habile, vous m'aiderez, s'il vous plaît.
CIDALISE
Dites donc vite , car il pourroit venir quelqu'un.
Tenez , Marihon sait bien ce que c'est , car elle me regarde.
Je parie qu'elle aime quelqu'un.
LECILE.
Eh bien ! oui , puisque vous voulez le savoir.