‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BaronChapitre 138 sur 288 · ACTE II, SCENE VIL 2i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIL 2i

CID ALISE

Achève, J€ t'en prie.

PASQUIN

Enfin, madame, comme je me préparois à remplir sa valise , il m'a rappelé' d'un ton à fendre le cœur le plus dur. Je veux lui écrire , a-t-il repris, avant que de la quitter. Pasquin, apporte-moi mon écritoire. Vous ne pleurez point , madame ?... Apporte-moi de la bougie, (à Mar~ thon. ) Tu ne pleures point , vilaine ?

CIDALISE

Finiras-tu ?

PASQUIK.

Tout est fini, madame. Il a écrit une lettre, qu'il m'a dit de vous apporter.

MARTHOS.

Pourquoi ces bottes?

Pour rendre la chose plus touchante.

CIDALISE lit la lettre d Eraste.

« Puisque vous aimer et vous estimer sont deux i< choses incompatibles, je renonce à vous pour « jamais. Je pars pour aller en Flandre , et je fui- « rai désormais tous les lieux où vous serez. Je ne <i demeurois ici que pour vous. Un peu de mérite, « et toute la passion imaginable , n'ont pu vous « rendre fidèle ; rien ne meretientplus. Je ne vous

2i6 LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.

« parle point de l'e'tat où vous m'avez mis : si vous « étiez sensible, vous ne pourriez le concevoir « sans mourir de douleur ; mais îa dureté de votre « cœur y a mis bon ordre , et celle qui a fait tout « le malheur de ma vie pourroit apprendre ma " mort sans répandre une larme. »

Peut-on écrire plus tendrement? Puisque vous estimer et partir pour la Flandre sont deux choses incompatibles, je suivrai désormais toute la passion imaginable pour ne vous plus aimer. Je ne demeurois ici que pour la dureté de votre cœur, et je pourrois apprendre votre mort sans répandre une larme.

CIDALJSE.

Tais-toi donc, Pasquin.

PASQUIN

Rien ne me retient plus... Quoi ! vous riez encore !

M\SRTHOK.

Le moyen de s'en empêcher?

PASQUIN

Allez, cela n'est pas bien du tout. Vous devriezmourir de honte. Le ciel vous punira toutes deux.

CinALISE.

Mais que veux-tu?

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