ACTE III, SCÈNE V. 2 3y
cm ALISE.
Je reçois tous les jours de ma vie, madame, de nouvelles marques de vos bontés. Mais, madame, voudriez- vous bien joindre une grâce à toutes les obligations que je vous ai?
CÉPHISE
Si c'est quelque chose qui de'pende de moi, ma nièce ?
La chose vous «era facile, madame.
CÉPHISE
Ne me priez point sur -tout de parler à mon mari pour vous.
Non, madame.
CÉPHISE
Cela seroit inutile.
CIDALISE
J'en suis persuadée, madame.
CÉPHISE
Il ne veut point souifrir que vous soyez davantage chez lui.
CIDALISE
Je ne veux point y demeurer malgré lui ni malgré vous, madame.
CÉPHISE
Que voulez-vous donc que je fasse ?
a4o LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
CI D ALISE
Permettre que je puisse parler à mon oncle avant que de le quitter.
CÉPHISE
Non , ma nièce ; je ne vous le conseille pas ; il est dans un trop grand emportement contre vous.
C ID ALISE
Mais, au moins, ne puis-je savoir les crimes dont on m'accuse?
CÉPHISE
Ehl mon dieu, ma nièce, rendez-vous un peu de justice. Pour moi , je vous crois la plus innocente personne du monde ; mais, en vtfriié, les apparences sont terriblement contre vous.
CI D A LIS E
Il est aisé d'empoisonner les choses les plus innocentes. Mais, cependant...
CÉPHISE
Mais, ma nièce, je vous prie de me dire quel bon tour vous voulez que nous donnions au refus que vous faites d'un gentilhomme que votre père et mon mari souhaitent que vous épousiez. Quelles bonnes couleurs trouverez-vous aux fréquentes visites d'Éraste, que votre oncle vous a défendu devoir; et à mille autres choses que j'aurois honte de répéter?