ACTE 1, SCÉNK VIII. i
M. GÉKOVTK^ avec douceur.
Qu'avez-vous à me dire?
ANGÉLIQUE
Marthon ne vou» a - t - elle pas dit quelque chose ?
M. GÉRONTE, Commençant avec tranquillité et s échauffant peu à peu.
Oui; elle m'a parlé de vous; elle m'a parlé de votre frère , de cet insensé , de cet extravagant , qui se laisse mener par une femme imprudente, qui s'est ruiné, qui s'est perdu, et qui me manque encore de respect! (^Anqélique veut s'en aller.) Où allez-vous?
ANGÉLiQCE,en tremblant.
Monsieur, vous êtes en colère...
M. GÉBONTE.
Qu'est-ce que cela vous fait? Si je me mets en colère contre un sot, ce n'est pas contre vous. Approchez, parlex, et n'ayez pas peur de ma colère.
ANGÉLIQUE
Mon cher oncle, je ne saurois vous parler, si je ne vous vois tranquille.
M . G É p. o N T K , ù pn rt.
Quel martyre! (« Anrjéli<jue,vn secontraiçjnunl.) Me voilà iraïKjiiiUe. Parlez.
i64 LE BOURRU BIENFAISANT.
ANGÉLIQUE-
Monsieur... Marthon vous aura dit...
M. G É HONTE
Je ne prends pas garde à ce que m'a dit Marthon ; c'est de vous que je le veux savoir. ANGÉLIQUE, avec timidité.
Mon frère...
M. GÉBONTE, la contrefaisant.
Votre frère...
ANGÉLIQUE
Voudroit me mettre dans un couvent.
Eh bien! aimez-vous le couvent ?
ANGÉLIQUE
Mais , monsieur...
M. GÉRONTE, Vivement.
Parlez donc.
ANGÉLIQUE
Ce n'est pas à moi à me décider.
M. GÉRONTE, eucove plus Vivement.
Je ne dis pas que vous vous décidiez: mais je veux savoir quel est votre penchant.
ANGÉLIQUE
Monsieur, vous me faites trembler.
M. GÉRONTE, rt ;jrt)(.
J'enrage! ( en se contraignant.) Approchez, je