ACTE I, SCENE VIII. i
vous comprends; vous n'aimez donc pas le couvent?
ANGÉLIQUE
Non, monsieur.
M. OÉROSTE.
Quel est l'état que vous aimeriez davantage?
ANGÉLIQUE
M. GÉ BONTE, uii pcu Vivement.
Ne craignez rien, je suis tranquille; parlezmoi librement.
A > G É L I Q u E , « part.
Ah! que nai-je le courage!...
M. GÉRONTE
Venez ici. Voudriez-vous vous marier?
ANGÉLIQUE
Monsieur...
M. GÉRONTK, vivemejit.
Oui , ou non ?
ANGÉLIQUE
Si vous vouliez...
M. GÉRONTE, vivement.
Oui , ou non?
ANGÉLIQUE
Mais, oui.
M. GÉnoNTE, encore plus vivement.
Oui? Vous voulez vous marier, perdre la li-
i66 LE BOURRU BIENFAISANT, berté, la tranquillité? Eh bien! tant pis pour vous; oui, je vous marierai.
ANGÉLIQUE, à paît.
Qu'il est charmant, avec sa colère.
M. GÉRONTE, brusquement.
Avez-vous quelque Inclination?
ANGÉLIQUE, rt part.
Sij'osoislui parler de Valère!
M. GÉRONTE,^ vivemeut.
Quoi! auriez-vous quelque amant?
ANGÉLIQUE, à part.
Ce n'est pas le moment; je lui ferai parler par sa gouvernante.
M. GÉRONTE, toujours avcc vivacité.
Allons, finissons. La maison où vous êtes, les personnes avec lesquelles vous vivez, vous auroient-elles fourni l'occasion de vous attacher à quelqu'un? Je veux savoir la vérité. Oui, je vous ferai du bien ; mais à condition que vous le mériterei!, entendez-vous?
ANGÉLIQUE, eii tremblant.
Oui, monsieur.
M. GÉRONTE, avec le même toti.
Parlez -moi nettement, franchement; avezvous quelque inclination?
ANGÉLIQUE, ett hésitant et tremblant.
Mais... noxi, monsieur, je n'en ai aucune.