ACTE II, SCÈNE IX
cour.) Ma chère femme, je vous demande pardon de tout mon cœur ; mais vous connoissez mon oncle; voulez -vous que nous nous brouillions davantage? Voulez-vous que je fasse tort à ma sœur? Le parti est bon , il n'y a rien à dire : mon oncle l'a choisi, tant mieux; voilà un embarras de moins pour vous et pour moi.
M°>e dala>coi:r.
Allons, j'aime bien que vous preniez la chose en bonne part : je vous en loue et vous admire ; mais permettez-moi une réflexion. Qui est-ce qui aura soin des apprêts nécessaires pour une jeune personne qui va se marier? Est-ce votre oncle qui s'en chargera? Seroit-il honnête, seroit-ii décent?...
Vous avez raison. . .Mais il y a encore du temps, nous en parlerons.
Mlle nALANCOUn.
Ecoutez. J'aime Angélique, vous le savez; cette petite ingrate ne mériteroit pas que je prisse aucun soin d'elle : cependant elle est votre sœur.
M. I» AL A m; ou H.
Comment! vous appelez ma sœur une ingrate ! Pourquoi?
ao8 LE BOURRU BIENFAISANT.
M"ie DALANCOUR.
JN'en parlons pas pour le présent. Je lui demanderai une explication entre elle et moi; et, ensuite...
M. DALANCOUR.
Non; je veux le savoir*
IVl™e DALAKCOUR.
Attendez , mon cher ami...
M. DALANCOUR, très vivctnetit.
Non ; je veux le savoir, vous dis-je.
M™e DALANCOUR.
Puisque vous le voulez, il faut vous contenter.
M. DALANCOUR, rt ^ar(.
Ciel ! je tremble toujours.
Mme DALANCOUR.
Votre sœur...
M. DALANCOUR.
Eh bien?
Rime DALAHCOUR.
Je la crois du parti de votre oncle.
M. DALANCOUR.
Pourquoi?
M™<^ DALANCOUR.
Elle a eu la hardiesse de me dire à moi-même que vos affaires ëtoient dérangées, et que...
M. DALANCOUR.
Mes affaires dérangées!... Le croyez-vous?