‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 7 sur 214 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

VALSAIN, MONDOR.

MONDOR, riant.

Qu'a-t-il donc? Il me fuit; il salue à demi. Le moyen que cela puisse avoir un ami? J'observe qu'avec vous il dispute sans cesse. Et qu'il me boude, moi.

VALSAIN.

Peu de chose le blesse,

11 est vrai : je m'accorde avec lui rarement.

MON DOR

Nous sympathiserions tous deux plus aisément.

VALSAIN.

Vous me flattez.

MON DO R, cTiin air lérjer.

Non, non. Mais je plains sa manie On dit qu'il est atteint d'un peu de jalousie; Qu'il veut garder un cœur après l'avoir vaincu. Dans Paris, à son âge! où diable a-t-il vécu? Il est quitté, la chose est-elle si cruelle? Une belle bientôt nous venge d'une belle; C'est dans l'ordre : on se prend , on s'aime, on se trahit Et les femmes toujours y trouvent leur profit. Je perds une conquête; eh bien, j'en fais dix autres

VALSAIN.

( à part.) { haut.)

Amusons-nous du fat. Des soins comme les vôtres Lui donnent de l'ombrage; il vous craint.

MO N DOR

Qui? moi?

VALSAIN.

Vous Au reste , on est flatté de l'humeur d'un jaloux.

MON DOR

On en est amusé. Mais il pourroit me craindre? Vous croyez?

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