‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Barthe, Goldoni, et DoratChapitre 97 sur 214 · ACTE 1, SCÈNE I. i5i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I. i5i

ANGÉLIQUE

Oui : il me dit «[u'il m' aime , et je le crois ; cependant toutes les fois qu'il me parle, il me fait trembler.

v A L È H E , à Aiigéiuiue.

Mais qu'avez-vous à craindre? Vous n'avez ni père ni mère : votre frère doit disposer de vous; il est mon ami, je lui parlerai.

JIARTHOX.

Eh! oui, fiez-vous à JM. Dalancour!

VALÈRE, h Marthon.

Quoi ! pouiToit-il me la refuser?

Ma foi, je crois que oui.

VALÈRE

Comment?

MARTHON.

Écoutez en quatre mots, (à Anijélitjue. ) Mon neveu , le nouveau clerc du procureur de mousieur votre frère, m'a appris ce que je vais vous dire. Comme il n'y a que quinze jours qu'il y est entre, il ne nie l'a dit que ce matin : mais c'est sous le plus grand secret qu'il me l'a conhé ; ne me vendez pas , au moins.

V A LKHE.

Ne ciaijïnez rien.

î;V... LE BOURRU BII.MF AISANT.

ANGÉLIQUE

Vous ma connoissez.

M A II T H o IN , adressant la parole à f^alère , h demivoix et toujours regardant aux coulisses.

M. Ualancour est un homme ruiné, abymc; il a mangé tout sou bien, et peut-être celui de sa sœur; il est perdu de dettes. Angélique lui pèse sur les bras, et pour s'en débarrasser il voudroit la mettre dans un couvent.

AAGÉLIQUE.

Dieu ! que me dites-vous là ?

V ALÈRE.

Comment! est-il possible? Je le counois depuis long-temps; Dalancour m'a toujours paru un garçon sage, honnête, vif, emporté même «[uelquefois ; mais...

M ARTHON

Vif! oh! très vif, jiresque autant que son oncle; mais il n'a pas les mêmes sentiments, il s'en faut de beaucoup.

VALÈRE

Tcjut le monde l'estimoit, le ohénssoit. Son père étoit très content de lui.

M ARTHON

Eh! monsieur, depuis quil est marié, ce n'est plus le même.

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