‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Blin de Sainmore, Imbert, et ForgeotChapitre 47 sur 200 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Et, pouisui\aut le cours de ses projets affreux, Il peut dans sa fureur nous immoler tous deux. Eh bien ! remplis mes vœux; et , si je te suis chère , Ose par un seul coup terminer ma misère.

ARCÈS.

Comment?

ORPHANIS.

Il m'est plus doux de mourir de ta main. [lui rcmcUanl un poignard, et lui présenlanl son sein.) Arme-toi de ce fer; frappe : voici mon sein. AKCÈs, lui arrachant le poignard.

Orphanis! ah! grands dieux! qu'oses-tu me prescrire? Je sens que je succombe : à peine je respire... Non, tu ne mourras point. Je verrois sans trembler De la terre sous moi les voûtes s'écrouler; Mais ra'offrir de ta mort une image sanglante, De toutes les horreurs c'est la plus accablante... Eh ! puisqu'il faut choisir, rien ne peut m'arréîer. Tu m'a.s montré l'écueil ; c'est m'y précipiter.

Adieu : le roi bientôt en ces lieux se doit rendre ; il seroit dangereux qu'il nous y vînt surprendre. Il faut nous séparer; mais sur-tout songe bien Qu'Orphanis attend tout... et ne commande rien. Tu connois nos dangers. Consulte , délibère: Décide-toi; choisis : vois ce que tu dois faire. Si, trahissant mes feux , tu peux vivre sans moi , J'aurai la fermeté de m'imraoler pour toi. Adieu.

(\(, ORPHANIS.

Page 1