ACTE II, SCENE II. io
LE MARQUIS
Je le crois, c'est une méprise...
LE CHEVALIER, riant aussi fort.
Unique.
(Le comte lui jette encore un coup dœil courroucé.)
LE ilARQUIS.
Oui , ma foi !
LE CHEVALIER, toujours riant.
Vous devez avoir bien ri tous trois !
LE COMTE, avec colère.
Oui , nous avons bien ri , monsieur.
LE CHEVALIER
oh ! je le vois.
LE MARQUIS, bas.
Tenez, chevalier, je parie Qu'il est jaloux.
LE CHEVALIER
Je le crois.
LE MARQUIS, bas.
Quel amour !
LE CHEVALIER, bas.
Quelle jalousie!
LE MARQUIS, haut.
Après ce transport amoureux.
Dont elle-même auroit dû rire.
Je gage que ma nièce avoit l'air tout honteux.
LE COMTE
Oh ! nous sommes tous trois... Ils sont , ma foi , tous deux V\\ moment restés sans rien dire.
so4 LE JALOUX SANS AMOUR.
LE CHEVALIER
Vous étiez tous les trois à peindre.
LE COMTE, (Cun air rêveur.
Savez-vous Qu'il se pourroit fort bien qu'une pareille fête...
N'amusât pas tout-à-fait un jaloux?
Que la méprise enfin pourroit troubler sa tête?
LE MARQUIS
(à part.) {haut.)
Bon, la sienne est déjà troublée. Eh! mais pourquoi?
LE COMTE, avec action.
Mais vous ne sauriez croire, et je ne puis vous rendre Toute l'impression... Non, j'en donne ma foi, Je ne reçus jamais un accueil aussi tendre.
LE MARQUIS
Le fût-il encor plus, tu le prendras, je croi, Comme un gage de sa tendresse :
Ce qu'à reçu d'Erbon ne fut donné qu'à toi; ^ Rien n'est plus sûr.
LE CO.MTE.
Oui, je confesse Que peut-être...
LE CHEVALIER
Je dis plus, moi; Quand plus loin la comtesse eût poussé la méprise... LE COMTE, vivement.
Monsieur...
LE MARQUIS
Écoute ; une faveur surprise l'ourroit-eile éveiller un amoureux souci?