‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de BoissyChapitre 126 sur 194 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

M. I>E FORLIS, LE BARON.

le baron, sans voir d'abord M. de Forlïs. Je cache la fureur de mou cœur éperdu, Et je ne puis trouver l'argent que j'ai perdu : Mais je ne croyois pas que Forlis fût si proche. Déguisons. Vous venez pour me faire un reproche?

M. DE FORLIS.

Non , n'appréhende rien , le temps seroit mal pris ; Quand ils sont malheureux , j'épargne mes amis.

LE BARON

Comment donc?

Devant moi cesse de te contraindre ; Je sais ton infortune, en vain tu prétends feindre.

LE BARON

Qui vous a dit...

M. DE FORLIS.

Mes yeux en ont été témoins , Et tu perds d'un seul coup neuf cents louis au moins.

LE BARON

Puisque vous le savez, il faut que je l'avoue : C'est un tour inouï que le hasard me joue.

M. DE FORLIS.

toi?

LE BAROX.

Je n'ai que mille écus;

J'ai fait pour eu trouver des efforts superflus.

M. DE FORLIS.

Tu counois tant de monde ?

LE EARON.

Inutile ressource !

Mes amis , par malheur, ont épuisé leur bourse; Ils manquent tous d'espèce.

Ou d'amitié pour toi; Tiens , en voilà huit cents , je les ai pris chez moi.

LE BARON

Ah ! je suis pénétré.

M. DE FORLIS.

Va , mon argent profite , Quand il sert mon ami , quand son secours l'acquitte.

LE BARON

C'est peu de rn'obliger, vous prévenez mes vœux.

M. DE FORLIS.

Je t'épargne une peine, et j'en suis plus heureux; Je dois pourtant me plaindre en cette circonstance , Que ton cœur ne m'ait pas donné la préférence. Tu vas chercher ailleurs , et tu semblés rougir De t'adresser au seul qui peut te secourir, Et qui goûte un bien pur à te rendre service , Loin que ton sort le gène ou ta faute l'aigrisse.

LE BARON

Je ne mérite pas...

M. DE FORLIS.

N'importe, je le doi; Des devoirs de l'ami je m'acquitte envers toi :

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