ACTE I, SCENE VI
M. GUILLATME.
Monsieur !
M. PATELIN, s'asseyant.
Si tous ceux qui me doivent étoient aussi exacts que moi à payer leurs dettes, je serois beaucoup plus riche que je ne suis; mais je ne sais point retenir le bien d'autrui.
M, GUILLAUME
C'est pourtant ce qu'aujourd'hui beaucoup de gens savent fort bien faire.
M. PATELIN
Je tiens que la première qualité d'un honnête homme est de bien payer ses dettes; et je viens savoir quand vous serez en commodité' de recevoir vos trois cents écus.
M. GUILLAUME
Tout-à-l'heure.
M. PATELIN
J'ai chez moi votre arj^ent tout prêt et bien compté ; mais il faut vous donner le temps de faire dresser une quittance par-devant notaire. Ce sont des charges d'une succession qui regarde ma fdle Henriette, et j'en dois rendre un compte en forme.
Cela est juste. Eh bien! demain matin, à cinq heures.
M. PATELIN
A cinq heures, soit. J'ai peut-être mal pris mon temps, monsieur Guillaume? je crains de vous: détourner.
M. GUILLAUME
Point du tout ; je ne suis que trop de loisir ! on ne vend rien.
M. P.\TELIN.
Vous faites pourtant plus d'affaires vous seul que tous les négociants de ce lieu.
M. GUILLAUME
C'est que je travaille beaucoup.
M. PATELIN
C'est que vous êtes, ma foi, le plus habile homme de tout ce pays, (examinant la pièce de drap. ) Voilà un assez beau drap.
M. GUILLAUME
Fort beau.
M. PATELIN
Vous faites votre commerce avec une intelligence !
Oh ! monsieur.
M. PATELIN
Avec une habileté merveilleuse !
M. CUILL.\UME.
Oh ! oh ! monsieur.