ACTE SECOND
SCÈiNE I.
LOLIVE.
La maudite bête qu'une mule quinteuse ! Le vilain homme qu'un médecin hargneux! Qu'un pauvre garçon est à plaindre d'avoir à servir ces deux animaux-là ! et que le ciel les a bien faits l'un pour l'autre! Ouf! me voilà tout hors d'haleine; mais, Dieu merci, c'est pour la deinière fois.
SCÈÎSE IL
CATAU, LOLIVE.
CATAU
Ah! te voilà; je te cherchois. D'où viens-tu?
LOLIVE.
Je viens de planter notre chagrin de médecin sur sa chagrine de mule : ils ont enfin détalé d'ici, après avoir fait l'un et l'autre le diable à quatre. Pour récompense , ils m'ont donné mon congé.
Ton congé !
L OLIVE
Oui ; le médecin portoit la parole. Ce n'est pas un grand malheur.
CATAU
J'en suis persuade'e ; mais , avant que le jour se passe , je te donnerai , si tu veux , le moyen de te venger de lui.
LOLIVE.
Quoique la vengeance ne soit pas d'une belle ame, me voilà prêt à tout, et tu peux disposer de moi.
Nous avons compté là-dessus. Mais , avant toutes choses, va te mettre en sentinelle au coin de la rue ; et, quand tu verras venir de loin notre frondeur, viens vite m'avertir. Voici ma maîtresse.
{Lolive sort.)