‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 126 sur 207 · I.YNCÉE · texte numérisé non relu

I.YNCÉE

Je vais l'attendre.

{précipitamment, de manière quHypertnnestre ne puisse

pas l'interrompre.

Le perfide! abuser des serments solenuels.

i74 HYPF.RM\ESTRI-..

Verser le sang des miens à l'ombre des autels,

Briser les plus saints nœuds qu'il a formés lui-même.

Faire servir le ciel à son noir stratagème!

Eh ! ne va point, d'un Iraîlre excusant les fureurs,

M'opposcr un oracle et de vaines terreurs.

Au milieu des forfaits que ce monstre accumule,

Il ne fut ni craintif, ni f()i!)le, ni crédule :

Il est fourbe et féroce, il est né pour haïr;

Pour ordonner 1;; crime, il eut l'art de trahir; ,

H se consulta seul dans les horreurs qu'il ose :

L'oracle est le prétexte, et sa haine est la cause.

Il V PEU M N ESTR E, rapidement.

Non , ne lui prête point cet excès de fureur ; L'oracle l'épouvante, et j'ai vu sa frayeur. Avec moi jusipiu-là mon père n'a pu feindre : Même en le haïssant, c'est à toi de le plaindre Daigne au moins l'éviter.

L Y N G É E , toujours avec impétuositc.

Non , je n'écoute rien ; Il faut que son sang coule, ou qu'il verse le mien. De ses noirs attentats l'horreur est décou\erte; Tous les perfides soins (pi'il prendroit pour n)a perte, .Sa garde, ses soldats, rien ne peut m'éhranler: Même lorsqu'il peut tout, c'est au crime à trembler.

H Y rr. H M N EST 11 E, liors ifllle.

Je ne me connois plus... Quoi ! craindre, en ma misère.

Le père pour l'époux, et l'époux pour le père!

Entre quels ennemis .suis-je |>iacée^ Eh quoi !

N'aurai-je pu fléchir ni mon père ni toi?

Toi, t'exposer, te perdre ! Ah ! puis-je te survivre?

At;TE III, SCKNR ÏII. lyO

loi, massacrer mon père!... Lh! pourrois-je te suivre. Voir entrer dans mon lit un parricide époux?

( plus nijyidcmenl. ) îMai^ je perds trop de temps à calmer ton courroux; i oul)lie. en te parlant, ton danycr que j'augmente. Cruel, vois à quel sort tu réduis ton amante; Je meurs, si tu péris par un i)ère inhumain; Mais je renonce à toi, s'il p('rit par ta main, vSi tu ne pars.

LYNCÉE, éperdu.

O dieux! ah! quelle violence!

Ote-moi donc ma haine, en ni'otant ma vengeance; Rends-moi les miens, cruelle; an moins étouffe en moi Leurs lamentables cris que je trahis pour toi.

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