ACTE II, SCENE I
F A TIME
Qu'entends-je? ma surprise égale mon effroi.
tli i(uoi! dans votre hymen vous n'étiez point heureuse?
LA VEUVE
Non : tu ne connois pas mon infortune affreuse.
F ATI ME.
Au lond de votre cœur quel désespoir j'ai lu ! Vous me cachez vos pleurs.
LA VEUVE
Le ciel n'a pas voulu...
F ATI ME.
Parlez : quelle douleur trop long-temps renfermée...
LA VEUVE
Fatiine, il est trop vrai, j'aimois, j'étois aimée. Jour sinistre où, du Gange abandonnant les ports, Nous partîmes d'Ougly pour habiter ces bords. Vaisseau non moins funeste, où le sort qui m'accable ^l'offiit, pour mon malheur, un guerrier trop aimable. Tu viens de m'arracher le secret de mes pleurs. Je t'ai trop découvert l'excès de mes doul urs. Malheureuse! pourquoi, dans les mœurs nialabares , Tous les Européens nous semblent-ils barbares? Fatiine, ah! (|ue mon père avec un étrangtr, Sans violer nos lois, n'a-t-il pu m'engager! Ou pourquoi força-t-il sa fille infortunée A former les liens d'un cruel hyménée?
FAT! ME
Grands dieux! Et votre époux vous immole aujourd'hui ! Qiwii ! vous ne l'iiiinitz point, et vous mourez pour lui! ."^on trépas rompt le cours de vos jeunes années;
?.7r> LA VEUVE DU MAI, A BAR.
Il dévore en un jour toutes vos destinées ! Votre bûcher, dressé sous cet horrible ciel , Va servir de trophée aux mânes d'un cruel; Le sort vous en délivre, et sa faveur est vaine!