‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 172 sur 207 · honte que je crains peut-elle être bravée · texte numérisé non relu

honte que je crains peut-elle être bravée

LE JEUNE Bit A MI. NE.

Dois-je me plaindre au ciel de t'avoir retrouvée?

v:34 LA VEUVE DU MALABAT..

LA V EtIVE.

Sois aujourd'hui mon frère en me laissant mon sort,

LE JEUNE B R A M I ,\ i;.

Cesse d'être ma sœur, si ce nom veut la mort. Attends du moins, attends d'un es))rit plus tranquille Que la guerre ait ti\c- le sort de notre ville, Et ([ue ce droit qu'ici tu crois avoir perdu, Ce droit de vivre, enfin , te puisse être rendu.

LAVE u V E.

F.t si l'Européen succombe sous nos armes ,

J'aurai donc laissé voir ma foiblesse et mes larmes!

Et pour en avoir cru ta douleur au hasard.

Je n'en mourrois pas moins, et je mourrois trop tard!

Si je tarde d'un jour, je perds mon sacrifice:

Au lieu d'un dévouement, ma mort n'est qu'un supplice.

J'ai promis, en un mot; je ne puis désormais,

Sans me déshonorer, recourir aux délais,

Et d'une mort enfin que la gloire eîit suivie

Je paroîtrois indigne autant que de la vie.

LE JEUNE CRAMI.\E.

Eh bien, ma sœur, eh bien, terminons ce débat;

Change de destinée en changeant de climat :

Ces effroyables mœurs parmi nous consacrées,

Ce devoir que tu suis ne tient qu'à nos contrées;

Fuyons l'Inde, et si loin que de féroces lois

Ne puissent jusqu'à nous faire entendre leur voi.v.

Nous n'avons, de tes jours pour ne rendre aucun compte,

Qu'à mettre l'Océan entre nous et la honte :

Contre l'opinion, dans des climats plus doux,

Il est, SI tu le venv. des asiles pour eiou'5;

Page 1