ACTE V, SCÈNE III. Ct
Les Grecs n'ont pas encore éprouvé mon audace. Sans relâche livrée aux traits les plus perçants, La douleur, l'épouvante avoit {rlacé mes sens; Ce coup, ce dernier coup m'en redonne l'usage. Aux fureurs de Pyrrhus j'opposerai ma rage. Je préviendrai ses coups, je percerai son sein , J'arracherai ma fille à sa sanglante main. Mais... on l'entraîne... O fille, ô mère désolée! Que je l'embrasse encore, et je meurs consolée.
( Céphise suit Polyxène. ) Hélas! à ma tendresse accordez un moment... Monstres, que ma douleur implore vainement. L'enfer vous enseigna l'art affreux des vengeances. Cruels, si vous n'osez terminer mes souffrances, Si jusqu'à m'épargner vous poussez vos dédains; Par pitié, d'un poignard armez mes foibles mains. Je ne puis plus suffire aus excès de ma peine... Quoi . je vis, et tu meurs, ma chère Polyxène! Je vois ton sang mouiller un sacrilège autel. Où m'éloigner? où fuir ce spectacle cruel?
(« Iphis.) Que vient-on m'annoncer?... Sans doute Polyxène