ACTE III, SCEiSE VII
SAI^'T-ALBIN
Monsieur, laissez-moi. Je ne me repens que trop de vous avoir écouté... Je la suivois... Je l'aurois fléchie... et je l'ai perdue !
LE COMMANDEUK.
Saint-Albin !
SAINT-ALBIN
Laissez-moi.
LE COMMANDEUR
J'ai causé ta peine, et j'en suis affli{jé.
SAINT-ALBIK.
Que je suis malheureux !
LE COMMANDEUR
Gerraeuil me l'avoit bien dit. Mais aussi, qui pouvoit imaginer que, poiu' une fille comme il y en a tant, tu tomberois dans l'état où je te vois? SAIN T-A L B I N , nvec terreur.
Que dites-vous de Germeuil ?
LE CO.MMANDEUR.
Je dis... Rien...
SAINT-ALBIN
Tout me manqueroit-il en un jour? et le malheur qui me poursuit m'auroit-il encore ôté mon ami? Monsieur le commandeur, achevez.
LE OOMMANOEUIS.
Germeuil et moi... Je n'ose te l'avouer. ..Tu ne nous le pardonneras jamais ..
178 LE PÈRE DE FAMILLE
LU PÈRE DE F&MILLE, au Commandeur.
Qu'avez vous fait ? Seroit-il possible!... Mon frère, expliquez-vous.
LE COMMAKDEUR.
Cécile... Germeuil te l'aura confié?... Dis pour moi.
SAIN T-A L R I s , au commandeur.
Vous me faites mourir.
LE PÈRE DE FAMILLE, avec sévérité.
Cécile , vous vous troublez !
Ma sœur !
LE PÈRE DE F XTtiiLhE, regardant encore sa Jille avec sévérité.
Cécile! Mais, non; le projet est trop odieux. Ma fille et Germeuil en sont incapables.
SAIN T-A L B I >■
Je tremble... je frémis... O ciel! de quoi suisje menacé?
LE PÈRE DE FAMILLE, avcc sévérité.
Monsieur le commandeur, expliquez- vous , vous dis-je, et cessez de me tourmenter par les soupçons que vous répandez sur tout ce qui m'entoure. {Le père de famille se promène : il est indigné. Le commandeur, liypocritc,parott honteux et se tait. Cécile a iair consterné. Saint- Albin a les yeux sur le commandeur, et attend avec