ACTE III, SCÈNE Vil
effroi qu'il s'explique. Le père de famille au commandeur.') A\ez-\ousrésohi de garder loiiji-temps ce silence ciuel?
LE COMMANDEUR, à Sa nîèce.
Puisque tu te tais, et qu'il faut que je parle... [à Saint-Albin. Ta maîtresse... )
SAINT-ALBIN'
Sophie ?
LE COMMANniîUR.
Est renfermée.
.SAIINT-ALBIIS.
Grand Dieu !
LE COMMANDEUR
J'ai obtenu l'ordre... EtGermeuil s'est rhar{>,(; (lu reste.
LE rÈRE DE FAMILLE.
Germeuil !
SAINT-ALBIN
Lui ! '
CÉCILE
Mon frère, il n'en est rien.
SAIN T-A L B I N
Sophie... Et c'est Germeuil ! (//.se renverse sur un fauteuil, avec toutes les marques du désespair.)
LE PÈRE DE FAMILLE, nitcomman(/ewr.
Et que vous a fait cette infortunée, pour ajou-
i8o LE PERE DE FAMILLE.
ter à sou malheur la perte de l'honneur et de la
liberté? Quels droits avez-vous sur elle ?
LE COMMANDEUR
La maison est honnête.
SAINT-ALBIS
Je la vois... je vois ses larmes; j'entends ses cris, et jene meurs pas! (au coHimaHf/e«r.) Barbare ! appelez votre indigne complice. Venez tous les deux; par pitié, arrarhez-moi la vie... Sophie !... Mon père, secourez-moi ; sauvez-moi de mon désespoir. (//ie^ef te entre les bras de son père.)
LE PÈRE nt FAMILLE.
Calmez-vous, malheureux.
SAINT- AL DIX, entre les bras de son père, et d'un ton plaintif et douloureux.
Germeuil !... lui !... lui !...
LE COM MANU EUR
Il n'a fait que ce que tout autre auroit fait à sa place.
SAIN T-A L B I N , toujours sur le sein de son père et du même ton.
Qui se dit mon ami ! Le perfide !
LE PÈRE DE FAMILLE
Sur qui compter désormais ?
LE COMMANDEUR
Il ne le vouloit pas ; mais je lui ai promis ma fortune et ma nièce.
AC 1 E III, SCENE VU ,.^i
CÉCILE
Mon père, Germeuil n'est ni vil ni [)eiHtl(-.
LE PÈRE nE FAMILLE.
Qu'est-il flonc ?
SAIN T-A L B I N , rt son père.
Ecoutez, et connoissez-le... Ah, le tiaîlre!... < Ihargé de votre indignation, irrité par cet onde iidmmain... abandonné de Sophie...
LE PÈRE DE FAMILLE
Eh bien?
s A I > T-A L lî I s .
J'allois, dans mon désespoir, m'en saisir et {emporter au bout du monde... Non, jamais homme ne fut plus indignement joué... Il vient à moi... Je lui confie ma pensée comme à mon ami. ..Il me blâme... Il me dissuade... Il m'arrête... Et c'est pour me trahir, me livrer, nie perdre... Il lui en coûtera la vie.