‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 93 sur 201 · ACTE II, SCENE XIII. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XIII. i

SAINX-ALBIS.

Et que m'importe la richesse, si je n'ai pas telle avec qui je la voudrois partager?

LE COMMANDEUfi.

Insensé!

SAINT-ALBIN

Je sais. C'est ainsi qu'on appelle ceux (jui préfèrent à tout une femme jeune, vertueuse et belle ; et je fais gloire d'être à la tête de ces fouslà.

LE COMMAKnEUR.

Tu cours à ton malheur.

8AINT-ALB1K.

Je mangeois du pain, je buvois de l'eau, à côté d'elle, et j'ctois heureux.

LE COMMANDECR.

Tu cours à ton malheur.

SAINT-ALBIN

J'ai quinze cents livres de rente.

LE COMMANDEUB.

Que feras-tu?

SAINT-ALBIN

Elle sera nourrie, logée, vêtue, et nous vivrons.

LF. COMMAKDEUR.

(^onunc des gufaix.

i48 LE PÈRE DE FAMILLE.

Soit.

LE COMMANDEUR

Cela aura père, mère, frères, sœurs; et tu épouseras tout cela.

SAINT-ALBIN

J y suis résolu.

LE COMMANDEUR

Je t'attends aux enfants.

SAINT- ALBIN

Alors je m'adresserai à toutes les âmes sensibles. On me verra ; on verra la compagne de mon infortune ; je dirai mon nom , et je trouverai du secours.

LE COMMANDEUR

Tu connois bien les hommes!

SAINT-ALBIN

Vous les croyez méchants.

LE COMMANDEUR

Et j'ai tort!

Tort pu raison, il me restera deux appuis avec lesquels je peux défier l'univers; l'amour, qui fait entreprendre, et la fierté, qui fait supporter... On n'entend tant de plaintes dans le monde , que parceque le pauvre est sans courage... et que le riche est sans humanité...

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