‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 96 sur 201 · ACTE II, SCENE XIV. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XIV. i

ciel et de cette honnête femme qui vous a servi de mère, de n'être jamais qu'à vous.

SOPHIE

Hélas ! vous savez qu'une HUe bien née ne reçoit et ne fait de serments qu'aux pieds des autels... Et ce n'est pas moi que vous y conduirez... Ah, Sergi ! c'est à présent que je sens la distance qui nous sépare.

SAINT-ALBIN, avec violence.

Sophie! et vous aussi?

SOPHIE

Abandonnez-moi à ma destinée, et rendez le repos à un père qui vous aime.

SAINT-ALBIN

Ce n'est pa« vous qui parlez; c'est lui. Je le reconnois, cet homme dur et cruel.

SOPHIE

Il ne l'est point. Il vous aime.

SAINT-ALBIN

Il m'a maudit. Il m'a chassé. Il ne lui restoit plus qu'à se servir de vous pour m'arracher la vie.

SOPHIE

Vivez, Sergi.

Jurez donc que vous serez à moi malgié lui.

151 LE PERE DE FAMILLE

SOPHIE

Moi , Sergi ! Ravir un fils à son père !... J'entreroi.s dans une famille qui me rejette!

SAINT-ALBIN

Et que vous importe mon père, mon oncle, ma sœur, et toute ma famille, si vous m'aimez?

Vous avez une sœur?

SAINT- ALBIN

Oui , Sophie.

SOPHIE

Qu'elle est heureuse!

SAINT-ALBIN

Vous me désespérez.

SOPHIE

J'obéis à vos parents. Puisse le ciel vous accorder un jour une épouse qui soit digne de vous, et vous aime autant que Sophie !

SAINT-ALBIN

Et vous le souhaitez?

SOPHIE

,Ic le dois.

S AI NT- ALBIN

Malheur, malheur à qui vous a connue, cl qui peut être heureux sans vous!

SOPHIE

Vous le serez. Vous jouirez de toutes les béné-

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