‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 11 sur 231 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MARIANNE, DES RONAIS.

MARIANNE, avec u n air de surprise.

Comment! c'est vous, monsieur? Quoi! si matin ici' C'est une chose singulière.

DES RONAIS.

Aussi, mademoiselle, aussi Est-ce sur l'ordre exprès de monsieur votre père. Qui veut qu'avant midi...

MARIANNE, l'interrompant.

Que veut dire ceci?

Pour la même heure il mande son notaire. Cela cache quelque mystère.

DES R o N A I s , </ès vivcnwn t.

Si ce mystère-là pouvoit être éclairci ,

i6 DUPUIS ET DES RONAIS.

Comme je le désire;... et si Ce bon notaire et moi mandés à la même heure , Monsieur Dupuis, voyant que vous êtes majeure, Pour notre hymen marquoit cet instant-ci... Écoutez donc. . .

MARIANNE, l'interrompant.

Il faut encore attendre , Pour nous livrer à cet espoir.

DES RONAis, avec gaieté et vivacité.

Non : nous serons unis ce soir; Et le cœur me le dit. ■•

MARIANNE

Mou dieu 1 daignez suspendre...

DES p. ovi AÏS, l'ititerrompant avec transport. Ah î si c'étoit aujourd'hui l'heureux jour!...

Laissez-moi me flatter encore Qu'il va combler mes vœux et mon amour!.., Marianne , je vous adore :

Tous les jours , par degrés , mes feux se sont accrus. Hier, eu vous quittant , tout plein de votre image , Je croyois ne pouvoir vous aimer davantage, Et je sens qu'aujourd'hui je vous aime encor plus.

MARIANNE, tendrement.

En peignant votre amour, vous peignez ma tendresse , Excepté... que mon cœur n'en est jamais distrait. Tout avec vous, tout de vous m'intéresse; Sans vous rien n'a pour moi d'attrait, A rien mon arae n'est sensible...

Mais vous?... Ah! Des Rouais!... Comment est-il possible Qu'on ait eu sur vous des soupçons

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