ACTE III, SCÈNE XIII
MARGOT
C'est vot' grâce. ..Mais v'ià toujours la chanson, à bon compte.
{Elle chante. )
C'est dans Anet que l'on voit
La belle jardignière , Qu'un grand prince, à ce quon croit,
Aime d'une magnière Qu'avant deux ou trois mois l'on prévoit
Qu'aile deviendra mère ' .
M I c H A u , « Henri, en interrompant Margot. « A!le deviendra mère ! » C'est un peu libre, ça.
HENRI, souriant.
Oui, oui; ce n'est pas autrement se gêner.
MARGOT
Âcoutais donc le reste ; ignien a encore deux varsets.
{Elle chante.)
C'est lui qui de ta beauté,
La belle jardignière , Ceuiilit avec loyauté Cette tleur printagnière Dont le fruit , à sa maturité,
Te doit rendre ben fière.
' Le {;iand-père de Dufresny, dout nous avons df s comédies, étoit fils de la belle jirdinicre d'Anet et de Henri IV. {Note de l auteur.)
MiCH.vu, h Henri f en interrompant Margot.
Aile aura raison d'être fîare ! Tenais, si j'aviois été' jolie fille, j'auriois voulu, moi , avoir eun rejeton de c'héros-là par moi-même.
CATAIJ.
Fi donc , mon père 1
MÀRGOT, h Michau.
Ah! ça n'est pas sage, noi homme, ce qu'ous dites là; ça n'est pas benséyant. Vaux mieux m'iaisser achever de chanter.
{Elle chante.)
Tu fais courir après toi , La belle jardiguière , Un galant qui sous sa loi A mis la France enquière :
Gascon, soldat, capitaine, et roi; Tu dois être ben fière.
MICHAU, à Henri.
L'appeler gascon , ça est plaisant, ça! pas vrai?
HEîïRi, d'un ton badin, mais sans rire. Oh ! très plaisant , très plaisant '.
MICHAU
Oh! oui, oui, ça est drôle! (à Richard. )Mais à toi, à présent. Dégoise-nous c'te chanson que t'avois faite pour Agathe.