‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 144 sur 231 · LE MILORD, ROBINSON, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LE MILORD, ROBINSON, LA MARQUISE

LA MARQUISE

C'est penser merveilleusement.

Vous voulez nous quitter : j'en décide autremeut. Vous paroissez surpris, monsieur?

LE M 1 L o R D , froidement.

J'ai lieu de l'être.

LA MARQUISE

Vous êtes un singulier être.

Quoi ! depuis un mois environ Que vous logez dans la maison...

LE MILORD

C'est à mon grand regret.

LA MARQUISE

On ne peut vous connoître !

Quatre ou cinq fois je vous ai vu paroitre : Quatre ou cinq fois vous avez dit deux mots , Encor placés mal à propos.

LE MILORD

J'en ai trop dit , madame , et votre caractère

s'accorde mal , sans doute, avec le mien. Je craiiidrois d'ennuver.

Qi6 L'ANGLAIS A BORDEAUX.

LA MARQUISE

Il se pourroit très bien :

Mais pour se rapprocher, se coaveuir, se plaire.

Fort souvent il ne faut qu'un rien.

Vous avez ce qu'il faut pour être un homme aimable. Et vous vous efforcez pour être insoutenable ! Oh ! je vous entreprends... Mais écoutez-moi donc , Demeurez. Je le veux.

LE Ml LORD.

Madame prend un ton...

LA MARQUISE

Qui me convient, je suis femme et Française. LE MI LORD, regardant la marquise avec un air d'intérêt.

Tant pis.

LA MARQUISE

Tant mieux. Causons, milord, ne vous déplaise.

LE MILORD

Je parle peu.

LA MARQUISE

Je parlerai pour vous, Et vous me répondrez, si vous pouvez.

{Retenant le milord qui veut s' en aller.)

Tout doux!

LE MILORD

Je réponds mal.

LA MARQUISE

Eh bien ! tout à votre aise; Ou ne se gène point chez nous.

Vu. qualité d'homme qui pense,

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