LE MILORD, ROBINSON, LA MARQUISE
LA MARQUISE
C'est penser merveilleusement.
Vous voulez nous quitter : j'en décide autremeut. Vous paroissez surpris, monsieur?
LE M 1 L o R D , froidement.
J'ai lieu de l'être.
LA MARQUISE
Vous êtes un singulier être.
Quoi ! depuis un mois environ Que vous logez dans la maison...
LE MILORD
C'est à mon grand regret.
LA MARQUISE
On ne peut vous connoître !
Quatre ou cinq fois je vous ai vu paroitre : Quatre ou cinq fois vous avez dit deux mots , Encor placés mal à propos.
LE MILORD
J'en ai trop dit , madame , et votre caractère
s'accorde mal , sans doute, avec le mien. Je craiiidrois d'ennuver.
Qi6 L'ANGLAIS A BORDEAUX.
LA MARQUISE
Il se pourroit très bien :
Mais pour se rapprocher, se coaveuir, se plaire.
Fort souvent il ne faut qu'un rien.
Vous avez ce qu'il faut pour être un homme aimable. Et vous vous efforcez pour être insoutenable ! Oh ! je vous entreprends... Mais écoutez-moi donc , Demeurez. Je le veux.
LE Ml LORD.
Madame prend un ton...
LA MARQUISE
Qui me convient, je suis femme et Française. LE MI LORD, regardant la marquise avec un air d'intérêt.
Tant pis.
LA MARQUISE
Tant mieux. Causons, milord, ne vous déplaise.
LE MILORD
Je parle peu.
LA MARQUISE
Je parlerai pour vous, Et vous me répondrez, si vous pouvez.
{Retenant le milord qui veut s' en aller.)
Tout doux!
LE MILORD
Je réponds mal.
LA MARQUISE
Eh bien ! tout à votre aise; Ou ne se gène point chez nous.
Vu. qualité d'homme qui pense,