MARIANNE, M. DUPUIS, DES RONAIS
MARIANNE, très tendrement , à M. Dupuis. Qu'ai-je entendu , mon père ? Eh ! quelle affreuse image !
Survivrai-je à ce coup du sort?...
Quoi ! vous voulez que j'envisage
L'époque de mon mariage
Et mon bonheur dans votre mort?
Ah ! parlez : quel sujet contre moi vous anime?
Qu'ai-je fait pour perdre à-la-fois
Votre tendresse et votre estime?
DES RONAIS, très vivement.
Sou estime?... Hélas ! je le vois , Vous ignorez la défiance extrême Dont son cœur s'est armé contre le genre humain.
C'est cette défiance même Qui fait q;:'il me refuse aujourd'hui votre main. Il craint que, devenu son gendre, moi , qui l'aime,
Je ne sois un ingrat demain ;
Et qie vous , sa fille , vous-même , Vous ne perdiez aussi tout sentiment humcdn... Pour gagner son estime il n'est aucun chemin. M. DUPUIS, avec beaucoup de tendresse.
Non, mes enfants , je vous estime ,
Et je vous aime tous les deux...
[Reprenant un ton ferme et décidé. ) Mais, puisquen termes clairs il faut que je m'exprime,