ACTE m, SCENE V
Ah ! retusenez-vous à mou ame attendrie D'en finir avec vous le cours?
Marianne, très vivement et très tendrement. Nous comptons bien vivre a\ec vous toujours. DES RONAis, avec la dernière vivacité , à M.Dupuii. Oui, uotre hymen rendra cette union plus stcible. Nous ne ferons pasjLieux maisons; -Même logis et même table.
Mêmes amis et mêmes liaisons.
M. DU PUIS, très vivement.
Eh ! que dites-vous là tous deux?... Eh ! quelle enfance ! Que l'homme vous est peu connu!
Que vous manquez d'expérience !
L'on sent bien, mes enfants, que vous n'avez rien vu... (à Des Ronais. ) ( « Marianne. )
Quand vous, Des Ronais... Vous, ma fille, Vous serez occupés d'abord de \otre amour. Qu'après cela viendront les soins d'une famille , Qu'aux devoirs les plaisirs succédant tour-à-tour Vous recevrez chez vous et la ville et la cour, Que, pour suffire à ce brillant commerce. Tous vos moments seront comptés, Qu'ensuite enfin des deux côtés , Les passions viendront à la traverse, Je dois beaucoup ci)mpter sur vos bontés?... L'amitié des enfants passe alors comme un songe. C'est dans le tourbillon, où le monde les plonge. Hélas! c'est dans ces temps de travers et d'écart, Qu'à peine la jeunesse songe A l'existence d'un vieillard.
66 DUPUIS m DES RONAIS.
MARIANNE
Eh ! nioii père...
M. DUPUIS, l'interrompant avec feu.
Eh ! ma fille, ou ne voit dans le monde Que des pères abandonnés A leur solitude pi'ofonde, Par des enfants, souvent qui les ont ruinés...
Mais en voit-on d'assez bien nés Pour oser, en public, faire leur compagnie Des ces vieillards infortunés?...
Ils leur feront, et par cérémonie.
Une visite ou deux par mois , Seront distraits , rêveurs, immobiles et froids : Dans un fauteuil viendront s'étendre; Parleront peu, ne diront rien de tendre, Et s'en iront après avoir bâillé vingt fois. DES RONAis, très tendrement.
De grâce! écoutez-moi, mon père!...
Souffrez que je vous puisse appeler de ce nom. M. DUPUIS, t embrassant avec transport.
Eh ! je le suis... Crauns-tu que je te dise non
A cette expression si chère?...
Mon cher fils! oui, tu l'es.
DES RONAIS, avec la plus grande passion.
Mon père ! eh bien ! mon père !
Vous pour qui je me sens, en effet, pénétré D'une tendresse vive et vraiment filiale , Je ne dispute plus ; eh bien ! qu'à votre gré J'aie ou tort ou raison , la chose m'est égale... Par les plus forts raisonnements,