‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 9 sur 231 · ACTE I, SCENE III. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III. i

Et que dans son esprit ses malheurs ont aigrie , A bien pu l'armer de soupçons Contre vous-même...

DES RONAis, l'interrompant avec impatience.

Eh ! sur quoi , je vous prie ?

M. CLÉNARD

Sur quoi, monsieur?... Mais, d'abord, supposons...

Sur un peu de galanterie.

DES RONAis, un peu embarrassé.

Mais où la voit-il donc?... C'est une rêverie... Et puis, d'ailleurs, sont-ce la des raisons?

Si c'est là-dessus qu'il se fonde,

c'est un prétexte, tout au plus.

Croire monsieur Dupuis pédant , c'est un abus , Une erreur!... Il a trop vécu dans le grand monde

Pour me chicaner là-dessus.

M. CLÉNARD

Vous vous trompez très fort... Cette galanterie, Que d'un œil indulgent il a vue eu autrui,

Peut très bien , sans pédanterie , Dans son gendre futur le blesser aujourd'hui. Sou esprit défiant, son humeur soupçonneuse, Doit la croire en hvmen beaucoup plus dangereuse

Que vous ne vous l'imaginez.

Par elle il voit d'abord vos cœurs aliénés; Le mari dérangé, la femme malheureuse,., ( d'un ton de voix plus bas. )

Et peut-être moins vertueuse...

Il voit tous vos devoirs ensuite abandonnés ,

Une conduite scandaleuse ,

.i4 DUPUIS ET DES RONAIS.

L'exemple affreux que vous donnez A des enfants infortunés , Et n'aperçoit pour tous qu'une fin douloureuse, En les voyant après , eux et vous, ruinés, Et du mépris public couverts et consternés. Voilà, monsieur, voilà la peinture fidèle Qu'il peut se faire , lui , des plaisirs effrénés , Des vices qu'il traitoit presque de bagatelle. Quand leurs tristes effets, quand leur suite cruelle, Contre lui-même encor ne s'étoient point tournés. DES R0 3VAIS, très déconcerté.

Mon cher Clénard, vous outrez la matière. Vous vous êtes donné carrière , Et monsieur Dupuis ne voit pas Le mal si grand.

M. CLÉNARD, entendant venir quelqu'un Quelqu'un adresse ici ses pas...

Je vous laisse , monsieur.

{Il sort.)

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