ACTE II, SCÈNE XIII. i4i
HENRI
Tu me parais un bon compagnon, et je serai charmé de lier connoissance avec toi.
mcu êlv ^ fronçant les sourcils.
« Tu me parois!... avec toi!... » Eh! mais, v's êtes famiHer, monsieur le mince officier du roi ! . . . Eh! mais, j'vous valons bien peut-être. Morgue! ne m'tutayais pas, je n'aimons pas ça.
HENRI, du ton du badin âge.
Ah ! mille excuses, monsieur ! bien des pardons.
M I c H A u , iinterrompan t. Eh! non, ne gou aillais pas. C'n'esl point que je soyons fiars; mais c'est que je n'admettons point de familiarité avec qui que ce soit que paravant je n'sachions s'il le mérite, voyais-vous? HENRI, d'un air de bonté.
Je vous aime de celte humeur-là. Je veux devenir votre ami, monsieur Michau, et que nous nous tutoyions quelque jour.
M I c H A r , lui frappa h t sur r épaule. Oh! quand je vous connoîtrons, ça s'ra différent.
HENRI, souriant.
Oh! oui, tout différent... Mais, de grâce, tirezmoi d'ici à présent.
MICHAU
Très volontiers , et pis que vous êtes honnête,
i42 LA PARTIE DE CHASSE DE HENRI IV.
je veux vous faire voir, moi, que je suis bon homme. Venez-vous-en chevxx nous ; vous y verrez ma femme Margot, qui n'est pas encore si déchirée , et ma fille Gatau , qui est j eune et j olie , eUe!
H E N R I , a vec vivacité.
Votre fille Catau est jolie? elle est jolie, ditesvous?
MICHAU
Guiable ! comme vous prenez feu d'abord! Vous m'avez l'air d'un gaillard.
HENRI, vivement.
Mais, oui, j'aime tout ce qui est joli, moi, j'aime tout ce qui est joli.
MICHAU
Eh! oui, l'on vous en garde!... Oh! mais, ne badinons pas... Venais-vous-en tant seulement souper cheux moi... Mon fils arrive c'soir;j'ons une poitreine de viau en ragoût, un cochon de lait, et eun grand lièvre en civet.
HENRI, gaiement.
Vous aurez donc un lit à me donner?... Mais, sans découcher mademoiselle Catau.
MICHAU
Oh ! je vous coucherons dans un lit qui est dans not' grenier, en haut, et qu'est, au contraire, fort éloigné de l'endroit oii couche Catau; et ça pour