SCENE XII. i8c
LISETTE
Vous n'êtes pas j ardinier, monsieur le j ardinier,
l'olive.
Vous devinez la moitié des choses.
LISETTE
Et le peintre n'est pas peintre , sur ma parole.
l'olive.
Vous savez tout mon secret, dites-moi le vôtre.
LISETTE
N'avez-vous pas l'esprit de deviner?
l'olive.
Oh! que si fait : la petite personne pour qui vous vous intéressez est Angélique.
Justement.
Elle est amoureuse de quelqu'un.
LISETTE
Non, pas encore ; mais elle hait monsieur Bernard.
l'olive.
C'est une grande disposition pour en aimer un autre.
LISETTE
Ce monsieur Bernard veut l'épouser , malgré qu'elle en ait.
i82 LE TUTEUR.
l'olive.
Voilà d'heureuses conjonctures; et si vou3 voulez lui faire entendre que le peintre est mon maître, homme de condition, amoureux d'elle à la folie...
LISETTE
Eh bien?
l'olive.
Je crois que nous n'aurons pas de peine à faire ce mariage-là; qu'en dis-tu?
LISETTL.
Il s'en fait de plus difficiles.
l'olive.
N'est-il pas vrai? et le notre ne sera pas malaisé à conclure, je pense.
Oh que non ! quand les parties sont une fois d'accord, les affaires sont bientôt termine'es. l'olive.
Touche donc là. Sans façon , ma chère : ce sont de bonnes filles que ces Lisettes ; je n'en ai jamais trouve' qui n'aient dit oui.
LISETTE
Voici Angélique : va chercher ton maître, et l'amène ici; il ne faut poiat que les choses languissent.
scè>;e XII. i83
l'olive.
J'y cours, et je te le livre tout-à-l'heure. Ah! qu'on est heureux en amour de trouver des filles si expëditives!