SCÈNE XIII
ANGÉLIQUE, LISETTE
A>'GÉLIQUE.
Pourquoi me laisses - tu seule, Lisette? dans raccablement où je suis , tu m'abandonnes à mes chagrins; et depuis que tu es sortie de ma chambre, j'ai fait les plus cruelles réflexions.
LISETTE
Et je viens de faire, moi, la rencontre la plus heureuse.
Aîf GÉLIQUE.
Tu causois avec le jardinier; que te disoit-il?
Vivat y madame '.îafortuneetl'amoursontpour la jeunesse , et le tuteur est piùs pour dupe.
ANGÉLIQUE
Comment?
LISETTE
Je m'en ëtois toujours bien doutée, que le peintre étoit un faux peintre.
i84 LE TUTEUR.
ANGÉLIQUE
En as-tu quelque certitude?
LISETTE
C'est un de vos amants , qui s'est déguisé pour s'introduire auprès de vous.
Que me dis-tu ?
LISETTE
Je vous dis vrai.
AKGÉLIQl'E.
Un de mes amants ? Il y a quinze jours qu'il est iei, il ne m'a point encore parle' : qu'il est indolent ou timide ! et dans l'extrémité où j e me trouve, que j'ai peu de secours à attendre d'une tendresse comme la sienne!
LISETTE
Oui? vous aimez la vivacité dans un amant? vous avez le goût bon , et le peintre en aura , ne vous mettez pas en peine. Le voici.