‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DancourtChapitre 69 sur 232 · ACTE IV, SCÈNE IX. log · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX. log

ruinent tous ceux qu'elles estiment, monsieur: c'est la règle.

M. SIMON

C'est la règle?

FRO>TI>'

Eh! vraiment oui : voudriez-vous qu'elles ruinassent ceux qu'elles n'estiment point? cela seroit bien malhonnête.

M. SIMOX.

Ah, ah! est-ce une nécessite' de ruiner quelqu'un ?

FRONTIN

Oui vraiment; cela ne se peut pas autrement même. C'est une chose inconcevable que les dépenses prodigieuses qu'Araminte fait tous les jours sans réflexion, sans conduite : elle s'endette de tous cotés, les marchands crient pour être payés; si cela vient aux oreilles du mari, c'est une femme perdue. Pour se mettre à couvert de ses emportements, elle est dans la résolution de s'aller jeter dans un couvent , et de n'en sortir de sa vie.

M. SIMON

Dans un couvent, Frontin?

FROXTIN.

Dans un couvent. Quand une jolie femme e»f

iio LES BOURGEOISES A LA MODE, embarrassée et qu'elle ne sait comment sortir d'affaire, elle a toujours recours au couvent: c'est encore une règle.

M. SIMO>-

Mais voilà une résolution bien pre'cipitée.

FRO>'TI>-

Je vous en réponds : elle m'a même dit de lui mener un carrosse pour y aller tout de ce pas. Elle ne veut dire adieu à personne.

M. SIMON

Comment! tout de ce pas? Il faut empêcher cela, Frontin.

Oh! monsieur, cela est bien difficile : elle doit plus de mille écus, afin que vous le sachiez.

Mille écus !

FRONTIN

Oui vraiment, mille écus, valant trois mille deux cent cinquante livres. Eh ! croyez-moi , laissez-la faire, ne mettez point là votre argent. Prenez une bonne résolution de ne la jamais voir.

M. SIMON

De ne la jamais voir?

FRONTIN

Oui : vous ne l'aimez peut-être pas tant que vous vous l'imaginez.

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