ACTE IV, SCÈNE II. 3i
Pour vous désennuyer, je \ais les imiter.
s ANS r AI R.
Vous avez donc servi sous d'excellents modèles?
PASQUIX.
Ah ! monsieur, leurs façons me sont si naturelles , Qu'd ne me manque rien , qu'un peu de qualité, Pour être le seigrieur le pins accrédité.
{Use jette au cou de Sanspair, et le serre étroitement.) Eh! bonjour, cher marquis.
SANSPAIR.
Tubleu, quelle caresse!
PASO ui x.
Comment gouvernes-tu cette pauvre comtesse? Entre nous, elle auroit fjuelques de-seins sur moi : Mais je sais ménager un ami tel que toi. D'ailleurs, eu tant de lieux mes pas sont nécessaires. Que je n'ai pas le temps de trouLK-r tes affaires La Dorville à lu fin a fixé tous mes soins : Je crois qu'elle m'aura deux grands mois, tout au moins- Oui, parbleu, deux grands mois; et je lui sacrifie La beauté du Marais qui m'aime à la folie. J'en suis un peu honteux; mais pour la nouveauté Tu sais qu'on ne plaint pas une infidélité. Ma petite maison est propre au téte-à-téte; J'y légale demain ma nouvelle conquête.
Dans ces sombres réduits je redouble d'ardeur; Car moi, je hais l'éclat, ttj'ai de la pudeur. La marquise vouloit éîaler sa victoire : Mais je n'ai pas voulu lui donner trop de gloire.
3i4 L'HOMME SINGULIER.
SAXSPAIR.
Tels sont donc les propos de nos jolis seigneurs?
PASQUIN
Je les rends mot pour mot.
SA.VSP AIR.
O temps! ô siècle! ô mœurs!
Qui rendez la raison , la veriu , singulières. (// tire te portrait et lui parle, après s'être jeté dans
ini fauteuil. ) Et vous me forceriez à changer de manières! De ce monde effréné, ridicule, pervers, J'adopteroi> pour vous et le tou et les airs! Eussiez-vous mille fois plus de grâce, de charmes, Ma raison contre vous prendra toujours les armes; Et je vais à Beausang vous céder sans regret.
PASQCix, riant.
A qui parlez-vous donc ?
SANSPAIR.
Je parle à ce portrait.
Approchez, admirez.
PASQUIN, regardant le portrait.
Ah ! monsieur, qu'elle est belle I Voilà de quoi tourner la meilleure cervelle.
(à part.) C'est la sœur de mon maître; employons tout notre art A la bien seconder.
SANSPAl R.
Ce front et ce regard Annoncent un esprit profond, vaste; et sublime; Cet air luodeste inspire et l'amour et l'estime;