ACTE IV, SCÈNE II. 3i
tJes traits fins, réguliers, qui ravissent les yeux, S'accordent pour former un tout délicieux. Ouvrage favori de la docte nature , L'original encor surpasse la peinture :
Cependant cet objet si gracieux, si beau, Seroit de la raison l'écueil et le tombeau; Je l'admire et le crains ; et la sagesse encore Sait préserver mon cœur des charmes qu'il adore.
PASQDIN.
A votre place, moi, je m'y serois rendu. Pourquoi leur résister?
s AN SP AIR.
Vous l'avez entendu.
PASQUIK.
L'amour excuse tout.
SA X5 PAIR, 671 souriant.
Excellente morale !
PASQUI.N.
Ne dit-on pas qu'Hercule a filé pour Omphale?
SAN SP AI n.
Hercule étoit un fou.
PASqUlX.
Vous avez beau parler.
Il faut que tôt ou tard on se mette à filer.
s A N s p A 1 R , vivement.
Je ne changerai point; la chose est résolue.
PASQUIN
Vous baisserez le ton dès que vous l'aurez vue.
SAN SP AIR
Je l'ai vue, admirée , et rae suis soutenu.
3i6 L'HOMME SINGULIKR.
P ASQ Ul \.
Ah ! c\st que le moment n'est pas encor venu ; Je le sens qui vient.
SAXSPAIR.
Paix.
PASQUIN
Vous m'imposez silence :
Mais si vous vouliez bien me donner audience, Je vous (lit ois, mon>.ieur. que vous avez trente ans, Même un p.ni par-drlà. selon ce que j'entends. Riche comme un Cré<u>, dans la vigueur de l'âge, Ma foi, \ous devriez ^onger au mariage.
SA> SP A I R
J'y renoijce à jamais; j'en jure à tous moments.
p A sou IN.
Tenez, ce portrait-là se rir de vos serments.
Sachez...
PASQCIX.
Contre l'hymen votre raison déclame; Mais je gagerois bien que voila votre femme.
SA NSP AIR.
Je gagerois bien moi qu* vous êtes un fat.
PA.^QUIX.
Ma foi , vous gagneriez. Mais, sans bruit, sans éclat, Raisonnons.
SANS PAI R, lui tendant la main.
Kxi usez un terme un peu trop rude; Je me reconnois mal à cette promptiiuJe : Mais aussi contre moi pourquoi vous obstiner?